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lundi, 06 février 2017

Sur la route... (entre Jim Corbett and Delhi)

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Lever de soleil sur le parc national de  Jim Corbett

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A la pause pipi

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Sur la route...

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Un dôme d'ordures (ou plutôt une montagne, littéralement avec 15 mètres d'altitude !) - Ghazipur

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Un dôme d'un autre genre (plus propre)

lundi, 30 janvier 2017

Incroyable I(sla)nde!

Pour les fêtes nous nous envolâmes en famille pour une destination exotique (quoique pas franchement paradisiaque), choisie avec soin pour ne ressembler en rien à l’Inde. J’ai nommé : l’Islande !! Juste trois petites lettres de plus (‘sla’) pour un pays où il fait bon respirer l’air pur. Que je croyais.

A peine débarqués de l’avion, nous rejoignîmes notre hôtel et furent pris au nez par une poignante odeur de poiscaille qui ne fut pas sans rappeler mon quartier de Khar à Mumbai (avec ses villages de pêcheur qui font sécher le fruit de leurs efforts) à ses heures les plus parfumées. Consternation. Personne n’osa proposer qu’on change d’hôtel – de toute façon tous (absolument tous) les hôtels sont pleins en cette saison – et bien nous en prit car nous étions en fait un jour d’exception, la veille de Noel, le seul jour de l’année où les Islandais s’offrent une petite friandise particulièrement goutûe : la raie faisandée !

Quelques jours plus tard, notre guide nous rejoignit à l’hôtel de bon matin, avec le réservoir vide. Indien sort de ce corps !! Parce que c’est un coup que les chauffeurs adorent ici : profiter de la dernière minute pour aller mettre de l’essence ! Mais lui il était encore plus fort : malgré une tempête de neige de bien 12 heures, il n’avait pas mis les bons pneus et évidemment, nous nous embourbâmes dans la neige.

Nous ne rencontrâmes que peu d’Islandais (faut dire qu’ils sont pas nombreux non plus, avec 320 000 âmes) mais ce qu’on m’en a dit et ce que j’ai pu en lire m’a fait franchement sourire : une vie tournée vers la famille (au sens (très) large du terme), une attitude casanière ou en tout cas un réel attachement à la mère patrie, pas de règles de la route, une confusion de prononciation entre les v et les w, une zen attitude et tendance à tout faire à la dernière minute. Ça vous rappelle pas quelqu’un ça ??!

Bon la ressemblance s’arrête un peu là. Physiquement déjà : les costauds pâlots aux yeux bleus versus les gringalets chocolat (on a toute la palette des couleurs) aux yeux noirs. Le dépeuplement versus la surpopulation urbaine (y a genre 4 000 fois plus d’Indiens !). Une certaine libération sexuelle versus un certain conservatisme. Une île versus un sous-continent. Et puis une différence majeure : le nombre de touristes asiatiques au mètre carré.

J’ai un peu honte d’avouer que je ne connaissais rien de l’Islande avant d’y aller. Tellement rien qu’en voyant un tas de personnes aux yeux bridées faire la queue pour notre vol à l’aéroport de Paris je demandai à mon Indien préféré si c’était pas des indigènes islandais. Un peu comme les Inuits tu vois ? Et ben non !! En 2015, sur 1,3 millions de visiteurs, 48 000 vinrent de Chine et ça a bien dû doubler en 2016. Ce n’est que 4% mais en fait les chiffres du tourisme incluent tous les voyageurs arrivant à l’aéroport et Reykjavik est devenue une sorte de hub pour les vols pour les Etats-Unis (lesquels, avec le Royaume-Uni comptent pour 40% des touristes). Et puis apparemment les Chinois viennent plus l’hiver. Et y avait même plein d’Asiatiques d’origine américaine, française etc. Marrant. Pas des Inuits donc. D’autant que l’Islande a en fait été peuplée par les Vikings norvégiens vers 871. Avant y avait rien. Juste des ours et des renards polaires. D’ailleurs les Vikings ont amené les chevaux, les chèvres (il y a 3 agneaux par Islandais) et les vaches (qui curieusement (contrairement aux chevaux par exemple) n’ont pas muté pour devenir angora et doivent donc être rentrées l’hiver parce qu’il y a un vent à décorner les bœufs et ce n’est pas juste une expression).

L’Islande donc. Un pays un peu rude où la nature est reine. C’est la rencontre des éléments, air feu eau, dans toute sa puissance. Ça te remet bien les idées en place et puis c’est splendide.

PS : Les Islandais sont très bons en marketing, vachement créatifs, en tout cas en ce qui concerne la promotion de leur pays. Ils te vendent les aurores boréales comme pas deux. Mais c’est un peu comme le tigre en Inde ça, chercher le Graal c’est des heures de safari et c’est loin d’être garanti ;) Vaut donc mieux aller en Islande pour tout le reste que pour le ciel !

Quelques photos ici

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lundi, 23 janvier 2017

L'OCI (d'épouse d'Indien) pour les nuls

Après dix ans d’aventures visa-esques vint enfin le temps de mettre fin à cette histoire de rendez-vous annuels, d’aller-retours, de changements de règles, de frustration. Bref, je complètai en aout deux ans de mariage, m’ouvrant le droit de postuler pour devenir une ‘Overseas Citizen of India’ (OCI), et par-là même gagner le droit de vivre et travailler en Inde sans autre visa que cette carte OCI. A vie steuplé. Enfin tant que mon mariage tient la route. Car c’est au fait d’être l’épouse d’un Indien que je tiens le droit à cet illustre honneur.

Pour faire simple, au bout de deux ans de mariage, je pus enfin faire ma demande d’OCI. Tu penses bien que j’étais prête le jour J – i.e. le jour de mon anniversaire de mariage. J’attendis quand même d’avoir une fenêtre de libre dans mon agenda et ne pus me rendre au Foreign Registration Office de Delhi que six (longs) jours plus tard. Avec les papiers suivants (mentionnés dans le document suivant ou sur le site officiel sur lequel il faut faire sa demande) :

  1. Mon passeport (avec mon visa actuel et mon formulaire d’enregistrement au FRRO) / également à uploader sur le site
  2. Le passeport de mon mari / également à uploader sur le site
  3. Notre certificat de mariage / également à uploader sur le site
  4. Une photo de moi-même et une autre de ma signature / également à uploader sur le site avec les formats requis
  5. Notre bail (pas demandé, mais dans le doute, et puis ils nous l’ont demandé au final)
  6. Le formulaire pré-rempli sur le site
  7. Un ‘indemnity bond’ certifié par un notaire avec un ‘stamp’ de 100 roupies (pas non plus demandé mais j’en avais souvent entendu parler, alors dans le doute, et d’ailleurs ils l’ont gardé) / voir un exemple de ce document ici
  8. Un DD (Demand Draft) de 15,000 Roupies à l’ordre du ‘Pay  and  Accounts  Officer  (Secretariat), Ministry of Home Affairs’ payable at New Delhi

Passons que le type du FRRO se moque de moi en vérifiant la date de mon mariage et de mon dépôt de dossier – du genre elle est pressée celle-là ! Alors c’est pas que ce soit le Saint Graal cette OCI, mais j’ai entendu que ça prenait plus de trois mois et mon visa expire dans cinq et franchement si je pouvais m’éviter de retourner au FRO de Gurgaon…

Après un accès de franche rigolade il reprend son sérieux pour me sortir une règle de derrière les fagots : il faut avoir résidé plus de huit mois dans une ville pour postuler (pas six ni douze, non, huit). Evidemment cette obligation n’est mentionnée nulle part sur le site et elle vient juste me faire chier parce qu’il me reste trois mois à compléter. 24 mois que j’attends, c’est à en pleurer. D’ailleurs en voyant ma tête – ou peut-être ai-je piqué une petite gueulante, je me souviens plus – l’officier accepte mon dossier en me mettant en garde « si c’est rejeté ce sera pas ma faute ».

Il me faut ensuite uploader le passeport de mon mari dans la catégorie ‘Proof of India Citizenship’. Petit coup de stress à sortir l’ordinateur, le dongle wifi etc. Mais ça marche ! Je repars avec un numéro en poche et toute positive !!

Mais ça aurait été trop facile n’est-ce pas ?

Deux semaines plus tard je reçois un mail me demandant de soumettre à nouveau mon certificat de mariage. Et quand j’obtempère, ils m’expliquent que la mention ‘marriage certificate registered under Special Marriage Act, 1954’ qui est absente sur mon certificat fait à Mumbai. Et alors là, la partie de plaisir commence.

a. Nous nous rendons à la cour des mariages de Gurgaon pour enregistrer notre mariage à nouveau. C’est illégal.

b. Nous essayons de trouver un agent pour faire modifier notre certificat à Mumbai. La cour de Bandra répond que c’est leur certificat standard et ils ne changeront rien, mais on peut peut-être faire signer un affidavit. Sauf que le gars qui nous a mariés vient d’être muté et son remplaçant est en vacances. Et là-dessus l’agent cesse de répondre au téléphone.

c. Il nous reste l’option de ré-enregistrer notre mariage en se remariant, selon les avocats. Mais pas à Gurgaon parce que le système a changé et on ne peut plus les corrompre. Non il faut aller à Ghaziabad et aller faire des photos au temple et payer 15 000 roupies. Je l’aurais fait pour l’expérience tu imagines bien, sauf que ça me paraissait tellement incroyable… Et puis je voyais bien le coup où mon mariage serait enregistré en 2016 et pas en 2014 et où j’aurais encore deux ans à attendre (même si on m’assurait qu’antidater le document ne poserait pas de problème).

d. En désespoir de cause, je pensais envoyer mon Indien préféré plaider notre cause à Mumbai.

e. Et puis finalement, au bout de trois mois d’efforts et de stress, j’abandonnai. Qu’ils aillent se faire voir avec leur OCI…

inde,oci,frro,foreign registration officeDeux jours plus tard, je te mens pas, je recevai un message signifiant que ma demande était approuvée et que je devais envoyer un nouveau DD (l’ancien ayant expiré). J’osais pas y croire. Mais le lendemain un officier se pointait chez moi – une procédure normale, ils vérifient que j’habite bien là où je dis habiter. Et trois jours plus tard j’étais officiellement une Citoyenne Indienne (d’Outre-Mer) !!