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mercredi, 15 juillet 2020

Quand le corona s’invite chez toi - Le Covid vu par une Française en Inde - 15.07

  • Nombre de cas en France : 172 377 (30 029 morts)
    • Jour de déconfinement : 65
  • Nombre de cas en Inde : 941 630 (24 371 morts) 
    • Jour de déconfinement national : 45

Source https://www.worldometers.info/coronavirus/country/india/

Il est arrivé, ce moment redouté où tu apprends que tu es entré en contact avec une personne infectée.

Le retour à la normal post-confinement ne s’est pas fait en Inde avec une explosion de joie où tout le monde sort faire la fête genre fête de la musique en France ou se rue en vacances, à la plage etc. Non, la vie a juste repris son cours mais sur un rythme considérablement ralenti parce que la menace elle, est loin d’être partie.

C’est le contraire même, elle a explosé. Et l’Inde tout entière est tenue en haleine par l’hospitalisation de LA star Bollywood de ce siècle, Amitabh Bachchan, qui a contracté le Covid, ainsi que son fils Abhishek, sa belle-fille Aishwarya Rai et sa petite-fille. On suit en direct le moment où il va pisser et celui où il avale son petit-déjeuner !

Même en faisant attention, même en ne rencontrant pas trop de gens – hormis la valse des réparateurs de gazinière, d'évier, d'internet, inévitable après 2 mois de confinement –, il est inévitable de recevoir un ami de temps en à autre. Samedi dernier, nous n’avons pas résisté à la tentation d’une soirée en pleine air avec une dizaine d’invités triés sur le volet – en tout cas c’est ce qu’on nous a dit ;)

Après 3 mois et demi enfermés, sortir, voir des gens a ressemblé à une vraie bulle d’air. D'air humide et chaud d'accord (nous transpirions à grosses gouttes rien qu’en étant debout) mais air quand même. La mousson n’arrive pas… Et le Covid résiste très bien à la chaleur, si vous vous posiez encore la question. Bien mieux que moi !

Et puis un ami indien est passé chercher du pain chez nous, avec sa femme. Je n’ai pas échappé à son embrassade – c’est d’un gênant, tous ces gens qui continuent de dire bonjour comme avant, surtout celui-ci qui insiste pour me claquer des bises à la française – mais j’ai demandé à son épouse de ne pas se lever pour moi. Le lendemain, nous apprenions qu’elle était positive au Covid, asymptomatique. Ils voulaient voyager dans l’Uttarakhand et cet État impose de se faire tester avant de pouvoir y entrer. Ses parents et son mari sont négatifs. Bye bye la maid pour une semaine (qui au passage nous a demandé s'il n'y avait pas un remède contre cette maladie ( ??! )), reconfinement volontaire pour au moins 7 jours.

Malheureusement, c’est le jour où mon chat s’est mis à avoir du sang mêlé de pus à gicler de sa joue, littéralement. Corona ou pas, la visite chez le véto s’est imposée. Et laisse-moi te dire que la distanciation sociale avec un chat blessé n’est pas évidente puisqu’il faut être au moins deux à la tenir pendant qu’un troisième le soigne ! J’ai fait le plus attention possible mais bon.

À suivre...

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lundi, 08 juin 2020

Comment appeler une belle-mère indienne?

Inde,belle-mère,bru,mamanJ’ai reçu un courrier de lectrice touchant un point épineux : comment appeler sa belle-mère indienne. Pas de pot, je suis la dernière personne à qui poser la question, je gère assez mal cette situation même si j’aime beaucoup la mienne. Alors j’ai fait un petit sondage.

Pour le contexte : en Inde, traditionnellement (en tout cas depuis plusieurs centaines d’années), la femme est une propriété qui est vendue à la belle-famille. (Le système de la dot est désormais illégal mais il est toujours bien présent.) Lors du transfert, la bru adopte sa nouvelle famille, ce qui passe parfois par un changement de prénom (suivant sa culture) et toujours par l’adoption de ses nouveaux parents qu’elle doit donc appeler papa et maman. Dans certains cas – et de plus en plus dans les familles de la classe supérieure – elle ne reverra plus ses parents. Mais dans beaucoup de cas, elle retourne quand même accoucher chez eux.

Comme le mariage est en général arrangé (dans encore plus de 90% des cas), la jeune mariée est donc censée appeler une femme qu’elle ne connaît pas « maman ». Ça ne pose aucun problème aux Indiennes, autant que je sache, c’est ancré et c’est naturel. Mais c’est une autre histoire pour les étrangères. D’autant que la discussion se passe rarement entre la bru et la belle-mère : c’est le job de la belle-sœur d’arranger ce genre de choses. Évidemment, on peut voir les choses différemment. Dès le mariage exécuté, la belle-mère adopte sa belle-fille et s’engage à l’aimer comme sa propre fille. C’est déjà plus plaisant à attendre. (Je m’arrête là sur le sujet de la belle-mère indienne mais j’ai écrit tout un chapitre dessus, dites-moi si vous en voulez plus !)

Sur 59 réponses, « Mummy » ou « Mummy-ji » (on rajouter le « ji » en Inde du nord comme signe de respect, comme dans « sir-ji » et « Amma » (plutôt du sud de l’Inde) remporte, à part égale, 40% des votes. « Mom » vient derrière avec 17%. En gros, les anglophones appellent en général leur belle-mère maman mais en utilisant un autre nom celui qu’elles utilisent pour leur propre mère. Inde,belle-mère,bru,maman

Ensuite, il y a celles qui n’arrivent pas à dépasser la barrière mentale, et qui trouvent impossible d’appeler maman quelqu’un d’autre que leur mère ; et le tour de passe-passe consistant à utiliser le même mot dans un autre langage n’y change rien. Elles représentent 15%. À table ça donne donc : « Ahem, quelqu’un pourrait me passer le sel s’il vous plaît ? » Ça pourrait être drôle si ce n’était pas un frein au développement d’une relation saine de famille et qui sait, peut-être un jour d’amour filial. En plus, il faut souvent rajouter la barrière de la langue, toutes les belles-mères indiennes ne parlant pas anglais couramment.

Dans tous les cas, l’utilisation du prénom est rarissime et à bannir, en tout cas en public. « Belle-mère » peut être toléré mais c’est assez exceptionnel. Ce qui vient souvent à la rescousse c’est les enfants : on peut alors utiliser n’importe quel terme pour grand-mère !

Pour ce qui est du beau-père, c'est le même tarif que pour la belle-mère ! Ceci étant-dit, j'entends beaucoup plus souvent des plaintes quant au fait de devoir appeler sa belle-mère "maman" qui choque plus que d'appeler son beau-père "papa". Intéressant n'est-ce pas ? Est-ce parce que les relations entre femmes sont par nature plus tendues et plus compétitives ?

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Et comment le beau-fils indien appelle-t-il ses beaux-parents ?? La réponse ici !

mercredi, 06 mai 2020

Déconfinement à l’indienne, les premières photos - Le Covid vu par une Française en Inde - 06.05

  • Nombre de cas en France : 132 967 (25 531 morts)
    • Jour de confinement : 51
  • Nombre de cas en Inde : 49 391 (1 694 morts) 
    • Jour de confinement à Gurgaon : 46 / National : 44

Pour rebondir sur mon dernier post et la supposée « exception indienne » dans la gestion du coronavirus, je voudrais noter que la courbe des cas et des décès, même si elle est bien inférieure à d’autres pays, surtout en proportion de la population, reste en augmentation constante – pas encore de plateau, ou alors je ne sais pas bien lire une courbe :

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Nous en sommes à J+2 du début du déconfinement en Inde. Les résultats ? Étant confinée dans mon cocon, je m’en tiendrai à ce qu’on me dit et à ce que je lis :

  1. C’est encore la guerre au sujet des maids, chauffeurs, jardiniers etc., le Gouvernement ayant choisi de ne pas se prononcer sur cette catégorie professionnelle et laissant le choix aux individus et gérants de résidence pour régler la situation. Dans ma résidence c’est le pugilat. Certains ont sorti un argument massue en faveur du retour des maids : à les payer à rien faire, on va les rendre paresseuses, donc il est impératif qu’elles reviennent travailler.

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Les maids qui font la queue pour aller bosser. (Source: Getty images)

  1. Le Gouvernement essaye de rendre obligatoire l’utilisation de l’appli tracking Aarogya Setu. C’est une condition pour laisser entre les maids dans notre résidence (mais pas les jardiniers) et les résidents s’insurgent, beaucoup de maids n’ayant pas de smartphone. Par ailleurs, j’ai découvert l’expression anglaise « French hat » pour qualifier un « hacker éthique ». L’un deux aurait trouvé une faille de sécurité. Le Gouvernement a nié. (source) Euh… Y en a vraiment qui croient que personne ne va utiliser les données de cette appli ? Sinon, la vie dans les bureaux reprend son cours, tout doucement.

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Reprise dans l'administration publique, avec 30% des effectifs. (Source: PTI)

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La circulation à la frontière Delhi Uttar Pradesh le 5 mai. (Source: Anil Shakya EPS)

  1. C’est la cohue pour l’accès aux wine shops. Certains respectent à peu près la distanciation sociale, d’autres pas du tout. D’ailleurs, la municipalité de Mumbai a choisi de les fermer à nouveau (ainsi que d’autres magasins de biens non essentiels). Et celle de Delhi a imposé une surtaxe de 70% sur l'alcool, le "special corona fee" ; sachant que les taxes sur l'alcool représente entre 15 et 25% des recettes fiscales des États indiens (source). On ferait bien de commencer par se demander pourquoi l'alcool ne fait pas partie des biens essentiels de consommation ?

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La queue pour acheter de l'alcool. (Source: Parveen Negi EPS)

  1. Depuis le 1er mai, des trains sont affrétés pour les « migrants » qui veulent rentrer chez eux, dans un autre État indien de celui où ils travaillent. (Il y a eu un tollé parce que ce service n’était pas gratuit (800 Rs le ticket), ce qui apparemment a été changé.) Apparemment, ils veulent vraiment rentrer, quitte à se planquer dans des bétonneuses. Apparemment, 860 000 migrants ont demandé à quitter le Punjab (soit 600 trains). (source) Alors que l’agriculture et les industries réouvrent progressivement, ça risque d’être compliqué de redémarrer si les ouvriers sont rentrés chez eux à 20 heures de train.Le Karnataka a d'ailleurs interdit à ces "trains de migrants" de circuler, pour les garder dans le coin. Certains seraient partis à pied, non mais.

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Des migrants rentrent chez eux en train. (Source: Amit Dave Reuters)

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  1. Le Gouvernement prévoit un rapatriement massif (15 000) d’Indiens bloqués à l’étranger : ‘Operation Samudra Setu’ (Pont Aérien). Au risque d’importer de nouveaux cas ? Et pourquoi maintenant ?
  1. Il commence y avoir des rumeurs d’agressivité de gens qui sortent faire leurs courses par des Indiens qui ont faim.

À suivre donc…

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