Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

lundi, 30 septembre 2013

Quand les blogs deviennent des livres: India blognote et Delirious Delhi

Mes lectures sur l’Inde viennent de s’enrichir de deux ouvrages… 

Commençons avec India blognote, Comprendre l’Inde… de mes amis Geoffroy de Lassus et Olivia Dimont, qui ont pris la peine de m'envoyer le livre en Inde ! inde,livre,india blognote,comprendre l'inde,olivia dimont,geoffroy de lassus,delirious delhi,dave prager,ourdelhistruggle,delhi,blog

 

C’est sans doute paradoxal mais je ne lis pas de blogs… Lire leur livre, un recueil des billets publiés pendant leur expatriation en Inde, n’a donc pas été redondant ! 

Le titre me faisait un peu peur : au bout de sept ans ici, je ne crois pas être capable de comprendre l’Inde et encore moins de l’expliquer !! 

Mais finalement je m’y suis plongée et j’ai pris plaisir à lire des articles sur des trucs que je m’étais toujours promis de rechercher (sur la famille Tata ou Abdul Kalam par exemple).  

 

Les auteurs nous donnent une peinture par petites touches de l’Inde, avec beaucoup d’humour et objectivité. 

 

Je me permets de citer un passage qui m’a franchement fait rigoler : 

« Les feux rouges, par exemple, ne sont pas un élément de signalisation routière comme chez nous. Ce sont des lampes de couleur verte, orange, rouge, placées judicieusement aux carrefours de manière à ce que tout citoyen puisse vérifier s’il est daltonien ou pas. Accessoirement les feux rouges permettent d’accrocher des banderoles festives qui accompagnent régulièrement les innombrables jours de célébrations de toute sorte ; en ce sens ils participent de la responsabilité citoyenne, du développement durable et de la consommation des valeurs. » 

 

PS : Merci pour la dédicace dans le livre (page 127 J) !  

 

inde,livre,india blognote,comprendre l'inde,olivia dimont,geoffroy de lassus,delirious delhi,dave prager,ourdelhistruggle,delhi,blog

Et puis j’ai lu Delirious Delhi de Dave Prager qui a également sorti ce livre après le succès de son blog (ourdelhistruggle.com) relatant ses aventures pendant 18 mois à Delhi. 

 

Un récit urbain qui raconte Delhi qui mêle expériences personnelles et recherches : le plan de la ville, les transports, les bons plans bouffe, les hôpitaux, les hommes-à-tout-faire dans les bureaux, les chauffeurs de rickshaw, j'en passe et des meilleures... 

 

Délicieux ! 

Très drôle, très humble, très optimiste, très instructif aussi. 

C’est très personnel mais je me suis complètement retrouvée dans mon aventure delhiite.

lundi, 16 septembre 2013

Pedro

Spéciale dédicace à ma meilleure pote qui avait choqué mes copines indiennes à Delhi en lancant une Remarque appreciative sur les fesses des rickshaw pédaleurs et sur le torse du plombier ! En Inde c'est comme si il existait une masse de gens invisibles (mais très utiles) qui se cantonnent à leurs tâches et avec lesquels on n'échange qu'un minimum de mots parce que de toute facon (très réalistement meme si c'est un peu triste et difficile à admettre pour un Francais) on n'a rien en commun...

Pas longtemps après avoir emménagé dans mon nouvel appartement à Mumbai, j'ai rencontré Pedro...   
Parce qu'il n'a pas fallu longtemps pour que mon chauffe-eau explose... Evidemment.   

Maintenant que j'ai de l'expérience dans ce genre de catastrophes ménagères (celle-ci étant facile à relativiser vu qu'il fait en moyenne 30 degrés toute l'année dans cette ville), j'ai n'a pas paniqué et je suis simplement descendue chercher une quincaillerie pour demander le numéro d'un plombier.             

Et c’est ainsi que Pedro débarqua dans ma vie. Grand, bien musclé, regard ténébreux (accentué par le soulignement au khôl), le bad boy (version indienne). Pedro prit toutes sortes de poses, perché sur mes chiottes pour atteindre le chauffe-eau et je ne pus m'empêcher de penser au jardinier dans Desperate Housewives!!     

Au moment de partir, mon nouveau plombier me recommanda de l'appeler si j'avais besoin de quoi que ce soit. Tout et n'importe quoi?? Je vous vois venir... Non, non, je me suis juste demandé à quoi d'autre il pourrait me servir que pour un chauffe-eau explose ou un tuyau bouche (de douche le tuyau!). A la vue de mon air perplexe il a cru bon d'ajouter « menuisier, peinture, électricité, n'importe quel job ». Le plombier magique !           

Ce qui s'avéra très utile car il est revenu plusieurs fois pour percer le mur et installer cadres et étagères. Il a également fait venir un menuisier pour réparer mon placard (un plombier intelligent n'est-ce pas ? Qui connait ses limites !). Il a également réparé une tringle à rideau et fait d'autres bricoles que nous ne sommes pas autorisés à faire nous-même ici. D'abord parce que c'est moins cher de trouver quelqu'un pour le faire que d'acheter une perceuse ou tout autre outil. Ensuite parce que c'est mieux fait et plus rapidement. Et enfin ça permet à quelqu'un qui en a besoin de gagner de l'argent ! Alors, pourquoi se casser la tête à faire des trous je vous le demande??! 

Pedro accourt chaque fois que je l'appelle et ça tombe très bien parce que je n'ai aucune patience quand il s'agit de mettre en place une étagère. Une fois que j'ai réalisé que j'avais besoin d'une étagère, il me la faut immédiatement. Et il a tout un réseau d'artisans (vrais menuisiers ou électriciens) qui accourent tout aussi vite ! Et puisqu'il essaye de se la péter avec son anglais, il n'hésite pas à leur dire au téléphone que c'est pour une « foreigner » - à traduire comme « Dépêche-toi, y a du blé facile à se faire »... Et ça ne me dérange pas même plus !!
Prenez l'autre jour par exemple. Pedro m'a allègrement surfacturée (j'estime qu'il m'a demandé le triple du prix « normal ») et j'étais trop fatiguée (et soulagée que mon étagère soit en place) pour discuter alors je lui ai tendu les billets avec une tête qui exprimait clairement : « je sais que tu me baises mon vieux ! ». Et devinez quoi ?? Il m'a rendu un billet !! Pour un peu je reprendrais foi en l'humanité ;)      

Et maintenant voici Pedro ! 

Inde,Mumbai,Pedro,Sameer,homme a tout faire,bricolage

        Je voulais le prendre une photo quand il posait en train de percer le mur - le bruit aurait couvert le clic-clac - mais je n'ai pas osé donc j'ai piqué sa photo whatsap. Vous en voulez un aussi de Pedro pas vrai ??!!             

Au fait, son vrai nom c'est Sameer... C'est  mon frère qui lui a donné ce surnom. Pedro/John Rowland, plombier/jardinier, Inde/Etats-Unis, même combat !

 

jeudi, 12 septembre 2013

Apprendre à savourer un chai dans un dhaba

 Je suis fière d’annoncer que mon père a développé l’expertise du « touriste qui voyage en Inde hors des sentiers battus » (autrement dit qui dort dans de super hôtels vides parce que difficilement accessibles, voyage dans des trains qu’aucun autre étranger ne prend etc..). Et maintenant je vais raconter l’anecdote qui m’a fait tirer cette conclusion… 

L'autre jour, mon père discutait avec une touriste française d’une cinquantaine d’années qui visitait l'Inde parce que sa fille y faisait un stage. Sinon elle ne serait jamais venue, nous avoua-t-elle avec honnêteté; pas sa tasse de chai l'Inde... 

 

Donc, mon père teste direct sa « touristitude » : 

- Avez-vous gouté le chai (la boisson locale faite de lait, de sucre, et d’un peu de the (et de cardamome et gingembre)) ?

- Oui, oui. 

- Mais vous avez gouté le vrai chai ?? Le chai que vous buvez dans les boui-bouis de bord de route ?  

- Oui, oui, bien sûr ! Dans ces boui-bouis. 

- (Mon père, sceptique, insiste :) Dans les dhabas, ces espèces de gargotes un peu sales, servant une nourriture (authentique, goûtue, bon marché mais) cuisinée avec le mépris le plus complet de toute règle d'hygiène ? Vous êtes sûre ?? 

- Oui, oui !! 

- Et vous n'avez payé plus de 15 roupies pour votre chai ? 

-15 roupies?? Bien sûr que nous avons payé plus !! Largement même ! 

- Ah ! Je savais bien que vous n’aviez pas été dans un dhaba !! 

 

Je sens comme un traumatisme… 

 

Mes parents n’ont pas l’air prêt d’oublier la fois où j'ai pété un câble au Rajasthan parce que je devais payer 150 roupies pour un chai dégueu dans un hôtel « pour touriste » au bord de la route !! Notre chauffeur a compris et ne nous a emmenés par la suite que dans des endroits miteux où on boit un excellent chai ! En plus si il y a bien un truc qui ne rend pas malade c’est le chai qui est bouilli et re-bouilli… 

 

Et voilà ce qui se passer quand des étrangers s’arrêtent pour une pause chai dans un dhaba dans un bled du Madhya Pradesh (on te fixe comme si tu venais tout droit de Saturne) : 

inde,chai,thé,madhya pradesh,dhaba

Et voilà le dhaba en bas de chez moi à Mumbai : 

inde,chai,thé,madhya pradesh,dhaba