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lundi, 02 juin 2008

Le fort de Sinhagad et Shivaji le guerrier

1714648941.jpgCe dimanche, petite virée à un fort de la région (25 kms de Pune), hyper fréquenté par les Indiens, qui n’a plus grand-chose d’u736908419.jpgn fort mais offre une super vue sur la région (vu qu’il est à 1 350m d’altitude)…

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Sinhagad, ou Sinhgad, signifie en marathi (langue du Maharashtra) le Fort du Lion. En fait le « lion » c’est Tanaji (c’est son petit nom), un vaillant général de Shivaji qui a repris le fort à l’ennemi en y grimpant avec des cordes – il a perdu la vie dans la bataille (qui a été gagnée (en 1670)). A noter : il a grimpé, et c’est une première historique, sur le dos d’un varan (« monitor lizard » (Varanus bengalensis) ; voir la photo) dressé pour grimper… Bizarre non ??

Alors maintenant, Shivaji (qui a été nommé d’après Shiva, le dieu que sa mère a prié pour avoir un fils.). Un héros incontournable pour q1384397176.JPGuiconque séjourne (ou passe) dans le Maharashtra ! Il est ni plus ni moins le fondateur de l’empire marathe en Inde de l’Ouest (en 1674). L’histoire de l’Inde, et du Maharashtra, est pleine de morcellements, de batailles, de dynasties, etc. On va aller directement à l’arrivée de Shivaji sur la scène guerrière. Quand il a débarqué, la région était séparée en 3 sultanats (Bijapur, Ahmednagar et Golconda ; voir la carte qui représente le royaume de Shivaji à sa mort) qui se tapaient sur la gueule en permanence.

Le père de Shivaji, Shahaji, servait le royaume de Nizamshah (en tant que régent du jeune Nizam) ; il s’est battu contre les forces de l’empereur moghol et empêché l’invasion. Puis Shahaji a voulu fonder un pays indépendant, dégoûté par les agissements du Nizam qui avait fait assassiner un de ses potes général. Il a choisi de bâtir son empire à Ahmednagar, sur les ruines du royaume du Nizam mais il a été vaincu par une alliance des Moghols et d’un autre type du Bijapur qui l’a envoyé se faire paître vers Bangalore. Mais Shahaji a eu le droit de garder ses propriétés à Pune. Et c’est le jeune Shivaji qui a été nommé pour s’en occuper. A 17 ans, Shivaji a commencé sa carrière militaire en capturant le fort de Torna à Bijapur et en moins de 2 ans, il a pris le contrôle total de la région de Pune.

Après y a eu une bataille hyper connue : Shivaji s’est battu contre un super guerrier du sultan de Bijapur (Afzal Khan), l’a éclaté (ce qui a surpris tout le monde) et a décimé ses troupes. Ensuite, plus rien n’a arrêté le héros. D’où renversement de situation : les Musulmans (le sultan de Bijapur) perdent du terrain sur les Hindous (Shivaji) qui ont pris confiance. C’est l’expansion de l’empire marathe, sous la coupe de Shivaji.

Tout ça a commencé à faire flipper l’empereur moghol Aurangzeb (qui a surnommé Shivaji le « rat des montagnes ») qui a été forcé de reconnaître officiellement le pouvoir marathe, et contre-attaquer. En 3 ans, Shivaji a perdu la plupart de ses conquêtes au profit de l’armée moghole. Alors il a dû feinter : lors d’un mariage il a déguisé ses soldats en potes du marié et est ainsi entré dans Pune et même plus particulièrement dans son palais (Lal Mahal) qu’occupait l’ennemi. Et tac, Shivaji a récupéré Pune. Quand même vénère de s’être fait envahir, il est allé conquérir Surat, un des principaux centres de commerce de l’empire moghol. Un ça a fait mal à l’empereur et deux il a pu remplir ses coffres.

Comme Aurangzeb (l’empereur) avait les boules et menaçait Shivaji, ce dernier a décidé de signer un traité de paix avec une clause spéciale : son fils (de 6 ans) entrait au service de l’ennemi (évidemment c’était une feinte – à long terme – mais elle a pas marché et il a dû feinter pour le récupérer).

Pendant 2 ans, Shivaji a eu une baisse de régime. Les Moghols ont cru qu’il était fini mais en fait il se préparait à la guerre. Résultat, en 6 mois il a récupéré la totalité de son territoire, et même plus (dans le Karnataka et le Tamil Nadu).

Shivaji a ensuite été officiellement couronné « Chhatrapti » i.e. chef, ou roi, des Kshatriyas (caste de guerriers) puis il a été reconnu Kshatriya par un Brahmane de Bénarès. Il a été baptisé suivant le rite hindou « Zaanva » puis il a pris le titre de « shakkarta » qui lui a permis de commencer son propre calendrier. Fort de tout ça il est parti envahir le Sud. Ensuite il est mort, des suites d’une maladie intestinale – la cérémonie a eu lieu à Raigad. Son fils a pris la suite et il s’est mis le fils de l’empereur Aurangzeb dans la poche. Ont suivi 27 ans de guerres entre moghols et marathes. Et qui c’est qu’a gagné à votre avis ?? Les marathes….

Pour finir, Shivaji est très admiré pour ses valeurs: code étique guerrier et religieux, personnalité exemplaire, respect pour tous (et toutes les religions). Par exemple, une fois, alors qu'un général marathe lui avait ramené en butin la fille, d’une immense beauté, d’un chef musulman, il l'a juste complimentée sur sa beauté puis renvoyée dans sa famille et lui a assuré sa protection. Tout simplement.

Pour s’être révolté contre le pouvoir impérial, Shivaji, a été l’icône des « freedom fighters » lors de la lutte pour l’indépendance, 200 ans plus tard. Il est aujourd’hui considéré comme le fondateur de la nation Marathe actuelle, et (c’est moins glorieux) le parti extrémiste Shiv Sena prétend s’inspirer de Shivaji. Un régiment fameux de l’armée a comme cri de guerre « Bol Chhatrapati Shivaji Maharaj ki Jai ». La gare et l’aéroport de Mumbai ont été renommés Chatrapati Shivaji Terminus et Chatrapati Shivaji International Airport.

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samedi, 15 mars 2008

Indian Samourai à la ferme

Avant de rentrer en France, je suis allée faire un tour dans le Tamil Nadu, près de la station de montagne Ooty. Nous avons voulu aller faire un tour sur un lac; j'ai bataillé pour convaincre Shiv de ne prendre ni le pédalo ni le bateau moteur mais le... rameur! Sauf que en Inde, sur le rameur, interdiction de ramer sur le rameur!! Il y a un Indien pour ça! Top romantique... mais ça crée de l'emploi j'imagine.

Ensuite, séjour en ferme moderne ! Un paysage comme on en n’attend pas en Inde, à 20 km du moindre village. Mais comme tout ce qui vient de l’Occident, l’Inde a avalé, digéré et régurgité le concept de la ferme pour en faire un endroit où : y a de bons gros lapins, mais on ne les mange pas (si vous êtes comme moi et que vous vous demandez « mais alors pourquoi élever des lapins ? » Ben pour le show pardi !) ; y a des poulets, mais on ne les mange pas (là je comprends moins la logique parce qu’ils servent du poulet à table, mais là encore, les poulets, c’est pour le show !) ; y a des légumes qui poussent partout, mais la salade ne figure pas au menu (et pourtant, que la laitue est bonne quand on finit par se faire comprendre et se la faire servir !) ; y a des chevaux, mais on ne les monte pas sans un type pour tenir la bride : explication : ce sont des chevaux de course, ils sont intenables ! Les balades restent sympas et j’ai réussi à squatter un cheval pendant dix minutes…

Nous nous sommes finalement pas mal rabattus sur la pêche (avec un bout de bambou) et y avons passé de nombreuses heures ;)

Il n’y avait qu’un couple avec nous dans la ferme, jeunes mariés qui ne se connaissent pas, ne s’adressent pas la parole pendant le dîner et ne fait aucune activité ! Total, nous avons investi sans complexe le « saloon », avec notre musique à fond, en jouant au Uno auprès du feu…

Un endroit hors du temps, magique…

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01:50 Publié dans Virées en... Inde! | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : ferme, ooty |  Facebook | |

jeudi, 28 février 2008

Creusé dans la roche...

Photos : voir juste à droite.

Ce week-end, je me suis décidée à aller voir le « joyau » du Maharashtra : les grottes (ou plutôt les temples creusés dans la roche) d’Ellora et Ajanta (classées au patrimoine de l’Unesco). Bon, c’était énorme, et le truc bien c’est que même si on voit des photos, la réalité surpasse de beaucoup ce qu’on peut imaginer… Donc il faut y aller !

Mais attention, il faut le mériter… ça n’a donc pas été de tout repos : départ à 6h du mat’ samedi, 5-6 heures de bus jusqu’à Aurangabad. Hop on saute dans un bus direction Ajanta. Hop on saute dans un autre bus pour aller voir les grottes (à 4 kms de l’entrée du site). Et hop hop hop, 2 heures de marches (d’escaliers quoi) pour voir les grottes. Et hop, re-bus, re-bus, dîner et dodo…

Dimanche matin, lever à 7h30 (nous n’en perdrons pas une miette, même si mon ami Bing est malade – oups le vilain biryani au poulet…). Nous passons la journée à visiter la région en rickshaw : les grottes d’Ellora, Khultabad : le tombeau d’Aurangzeb (qui a donné son nom à Aurangabad), le fort Daulatabad (Deogiri Fort) (mais il fait trop chaud pour visiter), Panchakki : le moulin à eau, et pour finir en beauté, le « Taj Mahal du pauvre » : Bibi Ka Maqbara. J’étais une carpette en rentrant dimanche soir à Pune, mais j’en avais pris plein la vue et m’étais bien marrée avec Bing…

Alors c’est hyper touristique, avec le côté chiant des vendeurs à la sauvette qui nous harcèlent MAIS, et c’est assez surprenant, on ne se marche pas du tout les uns sur les autres pendant les visites. Et puis quand on demande le prix de la course aux rickshaws, ceux-ci répondent souvent (pas toujours évidemment !) : « comme tu veux » !! La plupart propose en effet un tour à la journée et se met les clients dans la poche comme ça. Nous en avons croisé trois super sympas…

Voilà la fiche de route. Petit conseil : commencer par Ajanta, les grottes étant plus anciennes, elles sont moins impressionnantes qu’Ellora même si elles valent carrément le déplacement. A Ellora, possibilité de commencer par la dernière grotte : ça va contre l’ordre chronologique, mais on est moins fatigué qu’à la fin… Gros conseil : allez-y en TONGUES !

Ajanta (106 km / 2h30 de route depuis Aurangabad) - Particularité : peintures.

29 grottes bouddhistes qui datent de 200 ans avant J.C. à 500 après. Creusées dans du basalte dur en partant du plafond et en descendant jusqu'au plancher, une technique utilisée de façon générale en Inde.

Découvertes par les Anglais lors d’une partie de chasse en 1819.

Ajantâ était un centre monastique et universitaire. Les grottes se classent en deux catégories, celles qui servaient de refuge aux moines durant la saison des pluies, la première apparue, et celles qui servaient plutôt de salles de réunion et de prière.

Ellora (30 km d’Aurangabad) - Immanquables : les grottes 16 (temple de Kailâsanâtha) et 32 (grotte jaïn).

34 grottes : architecture troglodytique datant du 5ème au 13ème siècle après J.C. :

La coexistence de ces structures démontre la tolérance religieuse dont l'Inde a toujours fait preuve.

Le temple de Kailâsanâtha (725-755) est le joyau du site, un édifice en forme de temple, complètement excavé de la falaise. Il a été creusé dans un seul roc et couvre une zone qui fait deux fois le Parthénon d’Athènes. La construction de ce temple montre les capacités du génie humain : 200 000 tonnes de roches ont été retirées, et ça a duré pendant 100 ans.

Bibi Ka Maqbara

Construit par le Prince Azam Shah, fils de l’Empereur Aurangzeb, à la fin du 17ème siècle, et dédié à sa môman. Bibi Ka Maqbara signifie littéralement “Tomb of the Lady” mais est advantage appelé le “Taj Mahal du pauvre” parce qu’il a été construit pour faire concurrence au Taj Mahal.

Il est essentiellement fait de grès et les murs sont plâtrés (c’est moins onéreux que le marbre).

Coût : Total : 1,800 roupies (40 ).

AR Pune-Aurangabad en bus : 340 roupies (non AC) / AR Aurangabad-Ajanta en bus : 130 roupies / Nuit : 500 roupies / Visites : 250+250+100 = 600 roupies / Rickshaw pour la région d’Aurangabad (la journée) : 200 roupies.