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lundi, 01 septembre 2008

Travailler en Inde - Part 1

Comment réussir sur le marché indien, marché qui intéresse maintenant au même titre que la Chine? Pas facile... Quelques pistes des Echos: Article_Les Echos_S'implanter en Inde_ les clés du succès_210206.pdf

Adapter le management aux spécificités locales

« Au début de mon expérience indienne, raconte un cadre supérieur sur place, notre secrétaire me semblait systématiquement réfractaire : elle balançait toujours la tête de droite à gauche. En fait, cela correspond à une forme d'acquiescement. » En Inde, même si la langue anglaise facilite les choses, il faut s'attendre à quelques surprises.

En management, les bonnes idées ne sont pas toujours celles que l'on croit. Jean-Philippe Lestang a voulu constituer des binômes pour habituer les expatriés et les Indiens à travailler ensemble. « Je ne le referai plus », avoue-t-il aujourd'hui. Car, d'une manière générale, « les Indiens ne sont pas demandeurs d'autogestion, mais plutôt de structures hiérarchiques ».

Pour Daniel Philibert, « même si les notions de castes sont relativement neutralisées dans l'entreprise, elles génèrent tout de même des complexités qui nous échappent ». La plupart des entrepreneurs installés dans le pays conseillent donc de passer par des cabinets de recrutement locaux. Et de confier le management des opérations à des collaborateurs indiens, davantage conscients de tous les non-dits relationnels.

Cependant, le principal choc se situe ailleurs, estime Philippe Humbert, un industriel devenu consultant indépendant il y a un an : « En Inde, l'entreprise est plutôt un cocon par rapport à un univers où les gens sont livrés à eux-mêmes. » Une fois sorti de ce monde proche de ce qu'on connaît en Occident, pauvreté et aisance se télescopent. « Soit c'est le coup de foudre, soit c'est le rejet », résume un cadre qui dit adorer ce pays, mais qui reconnaît avoir vu « plus d'une personne prendre un billet de retour le lendemain de son arrivée » – Perso je trouve cette formule détestable et fausse : adorer l’Inde c’est zapper tout ce qui ne va pas ; la détester c’est zapper tout ce qui est bien ! Il faut trouver un juste milieu pour vivre ici….

 

Seul ou en partenariat : savoir s'entourer

Autrefois, s'implanter en Inde impliquait de monter une joint-venture avec un partenaire local. Sauf dans les secteurs protégés, cette époque est révolue. Du coup, résume Philippe Humbert, « ne vous embarrassez pas d'un associé si vous avez assez d'argent, une technologie, une marque suffisamment fortes ». Méfiance vis-à-vis des Indiens ? Non, mais un consensus émerge : il y a souvent de profondes divergences de stratégie entre partenaires locaux et entreprises occidentales. « La plupart des groupes indiens sont encore la propriété de familles : ils sont gérés dans une logique patrimoniale et malthusienne », résume un homme d'affaires amer d'avoir dû traiter avec un associé dont les attentes ne correspondaient pas aux siennes. Difficile, dans ces conditions, d'envisager un investissement lourd dont la rentabilisation est prévue sur plusieurs années.

L'erreur serait pourtant de trop s'isoler. Pascal Vincelot a fait le choix de gérer seul la distribution des produits de bioMérieux. Il ne l'a jamais regretté, mais juge qu'il est « essentiel alors de tisser un bon réseau de relations, en ayant en tête que, dans ce pays décentralisé, les contacts à Delhi ne peuvent pas grand-chose pour vos problèmes à Bombay ». Enfin, mieux vaut s'en remettre aux compétences locales pour faire face à la complexité fiscale et juridique : les cabinets présents sur place sont « archicompétents et incomparablement moins chers que les grands cabinets internationaux », résume Philippe Humbert.

 

Comprendre un marché divers et exigeant

« Il faut cesser d'envisager l'Inde comme étant monolithique ! », martèle Jean-Philippe Lestang. « Il est impossible de l'aborder en n'ayant qu'un seul point d'entrée », renchérit Guy de Panafieu. Chaque Etat possède sa propre réglementation, tout comme ses propres consommateurs. Ceux de Bombay seraient par exemple moins ostentatoires que ceux de Delhi. Mais ils ont tous un point commun : leur niveau d'exigence. « Sans vraie valeur ajoutée, ce n'est pas la peine d'y aller », estime Jean-Joseph Boillot. Un constructeur automobile européen l'a découvert à ses dépens il y a une quinzaine d'années qui, en voulant écouler des modèles en fin de vie en Europe, a essuyé un cuisant échec. En tout cas, bioMérieux y vend « des produits sophistiqués ». Et L'Oréal, dont le chiffre d'affaires a doublé [en 2005], privilégie de plus en plus ses produits haut de gamme, contrairement à sa stratégie initiale.

« D'une manière générale, il faut respecter les Indiens », insiste Jean-Philippe Mochon, ancien conseiller économique à l'ambassade de France de New Delhi. Avant de rappeler qu'ils « se voient comme la quatrième économie mondiale » (en parité de pouvoir d'achat compte tenu du niveau des prix) et n'ont pas oublié qu'il y a trois siècles leur économie pesait aussi lourd que celles de l'Europe ou de la Chine. Pour qui s'intéresse au sous-continent indien, l'humilité reste donc le meilleur atout.

 

 

 

mardi, 19 août 2008

Du Pouvoir de l'Inde

Je participai récemment à une formation interculturelle afin de préparer deux jeunes indiens à leur séjour (professionnel) en France. Mon rôle : « spécialiste pays », i.e. chargée de compléter le discours du formateur avec des anecdotes sur la France, son monde du travail et sa vie de tous les jours. Super intéressant !! Et surtout bien loin du blabla auquel je m’attendais. Bref une formation qui serait utile à tout Français s’implantant en Inde…

En souvenir, voici la « Courbe d’ajustement de l’expatrié » The Adjustment Curve of the Expatriate.pdf ou comment évolue le moral de l’expatrié (quel que soit le pays d’origine et celui d’accueil).

La Courbe d'Ajustement de l'Expatrié.JPG

Source : Aperian.

A mon avis cette courbe subit quand-même des pics d’intensité dans certains pays, notamment en Inde…

Ce qui me permet de rebondir sur le « syndrome de l’Inde ». Je m’explique : lors de ma dernière visite en France, la pharmacienne, à qui j’ai dû raconter que j’habitais en Inde, m’a directement demandé si j’avais subi le syndrome de l’Inde, si j’avais passé des heures à pleurer, prostrée.

En me renseignant, j’ai trouvé que France 5, l’Humanité et plein d’autres ont consacré des reportages à ce fameux syndrome (que j’ai précédemment cité en référence au livre Fous de l’Inde). Voici comment en parle le site pyschologies.com : « Dès l’arrivée dans le pays, il se manifeste sous forme d’angoisse ou de tristesse inexplicable. Quelques semaines plus tard, des symptômes plus alarmants, hallucinations ou délires psychotiques, peuvent apparaître chez certains voyageurs. " Ils vivent alors une véritable dépersonnalisation, que j’appelle “l’épreuve de l’Inde” ", affirme le psychiatre. Ces voyageurs commencent par égarer leur argent, leurs affaires, avant d’oublier leur nom, leur identité ; ils entrent dans une forme d’errance, ou éprouvent des sentiments d’extase sauvage… »

 

Mais rendons justice au reste du monde : on a également parlé du « syndrome de Jérusalem », du « syndrome de Florence » (extase provoquée par les lieux respectifs) et du « syndrome de Paris » (des Japonais surtout pètent parfois un câble à cause de la déception causée par la ville de l’amour). Moi je crois que j’ai échappé au syndrome de l’Inde, pour mieux être anéantie par un « syndrome de l’Europe » : lors de mon dernier séjour j’y ai tout perdu, passeport, carte de crédit, capuchon d’appareil photo, clé, j’en passe et des meilleures !! (en référence à, plus haut : « Ces voyageurs commencent par égarer leur argent, leurs affaires, avant d’oublier leur nom, leur identité »)

 

Pour conclure, soyons honnête. Il arrive vraiment que des voyageurs écourtent leur séjour en Inde qui leur devient trop insupportable. Et chacun prend une bonne claque en venant ici. Maintenant, ce fameux syndrome ne touche qu’une infime partie des voyageurs et ne devrait empêcher personne de venir : suffit de se préparer !

 

Enfin il y aurait apparemment un autre Syndrome de l’Inde, autrement plus préoccupant : celui-ci au lieu de provoquer les larmes et l’apathie déclencherait un désir de buter des Indiens. Tout le monde qui séjourne longtemps ici (non Indien s’entend) pique à un moment donné une crise, pète un câble, a envie de tout envoyer balader. Mais alors c’est étonnant de voir comment la littérature retranscrit ça : dans le Vice-Consul de Marguerite Duras, le type sort la nuit abattre des lépreux à la carabine, et dans Parias de Pascal Bruckner, le principal protagoniste devient tueur en série d’Indiens miséreux. Flippant ! Tenez bon les gars…

 

jeudi, 10 juillet 2008

Enregistrement au Foreigner's Registration Office

Nous en parlions il y a peu sur ExpatPune Google Groupe. Le F.R.O.. Le Foreigner’s Registration Office. Un coin sympa à visiter si on a le temps (humour) – et visiblement les Français ici sont assez désœuvrés (cf. les mails du groupe). Mais bon, même si on n’est pas désœuvré, à partir du moment où l’on reste plus de 180 jours en Inde, l’enregistrement est obligatoire.

Alors il faut y aller. L’adresse (qui vient de changer) :

Foreigner’s Registration Office / Police Ground

Ganeshkhind Road / Shivaji Nagar

Tel:  020 26208585  (ils redirigent vers le F.R.O.)

Horaires : 10h30 – 18h (attention, la dépose est de 11h à 14h seulement - 16h pour aller chercher la registration).

Dépose des papiers pour enregistrement : counter n°1 : celui où y a une queue monstre (sur la droite).

Et attention, bonjour les documents ! Le mieux c’est de venir une 1ère fois en touriste, avec son passeport/visa, et de demander exactement quels formulaires remplir. Généralement il faut (en plus des originaux qu'ils peuvent demander pour vérification):

  • La Form A en 4 exemplaires (je l’ai même scannée !) : FRO Form A.pdf
  • 4 photos
  • 1 photocopie du passeport
  • 1 photocopie du visa + tampon d’entrée
  • 1 photocopie de la preuve de logement
  • Si visa business : 1 « undertaking » sur papier en-tête et 1 « assignment letter » sur papier en-tête aussi.

Après ça, le F.R.O. nous donne un papier (avec un délai de 1 jour à 1 mois). Il est souvent demandé à l’aéroport lors du départ et bonjour les dégâts si on l’a pas (même si perso ça m’est jamais arrivé qu’on me le demande).

Attention, il faut faire la demande dans les 2 semaines après l'arrivée en Inde. Sinon amende...

Voilà, bon courage !

PS : Par rapport à certaines remarques sur le groupe, il faut beaucoup de temps, de la patience, accepter de revenir plusieurs fois (comme à la mairie en France en fait) mais si les papiers sont bons, pas de bakchich.

PPS : Je ne fais pas de la pub pour le F.R.O. mais après avoir cherché ces infos un bon moment j’ai pensé les faire partager…