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lundi, 18 février 2019

Vacances indiennes: De la chambre à gaz à la poudrière - Part 2/3

La piste (en fait il y avait trois autres pistes débutantes, chacune équipée de tire-fesses, réaliserai-je plus tard) était, en plus des luges qui slalomaient à tout va et à toute barzingue, largement fréquentée par les skieurs, à écrasante majorité indiens (il paraît que les étrangers viennent plus tard). Les touristes étaient surtout locaux et j’avoue que c’est un peu surprenant de voir tous ces grands barbus en djellaba (en version d’hiver, en laine, et dont les tons et les motifs varient peu, du marron au gris et des carreaux aux rayures, le phiran, sous lequel ils transportent souvent un petit panier contenant des braises chaudes, le kanger) avec des skis aux pieds. Au-delà de la tenue et de la barbe quasiment portée par tous (68% des habitants du Jammu-Kashmir seraient musulmans, selon le recensement de 2011), les hommes ont souvent de beaux traits, une peau plus claire qu’ailleurs en Inde, et des yeux de toutes les couleurs, verts, bleus, marron clair, noirs, et une pilosité parfois un peu roussie ou blondie, effet du soleil d’hiver qui se reflète sur la neige ou tout simplement de croisements génétiques.

Le troisième jour, nous prîmes la « Gondola », deux télécabines, parmi les plus hautes du monde, pour une vue imprenable sur la chaîne himalayenne à 3747 mètres d’altitude.

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Nous redescendîmes à ski, mon fils de 4 ans y compris, du premier télécabine - une piste rouge facile, qui est surtout une route. Inde,Kashmir,Jammu,Cachemir,Gulmarg,ski,skier en Inde, neige,terrorismePuis, pendant que les garçons se réchauffaient à la gargote d’altitude, j’attaquais Mary’s shoulder, en haut du seul télésiège de la station. Si la pente n’était pas trop raide, qu’elle ne fut pas ma surprise (et mon angoisse) de découvrir que la piste n’était pas dammée ! La poudreuse était kiffante mais encore faut-il savoir manœuvrer. L’altitude m’a également surprise et je devais littéralement reprendre mon souffle entre deux virages ! (Il y aurait 44 descentes à Gulmarg, plus ou moins réservées aux très bons skieurs et amateurs de hors-piste ; certains accès ne se font qu’en héliski, fonctionnel à partir de mi-janvier - vu que seules quelques pistes sont dammées. Mais la neige est à se damner !)

Une fois la journée terminée, il ne faut pas s’attendre à l’ambiance de Tignes, aux bars, bowlings, boites, cinéma (de toute façon tous les cinémas ont été fermés en 1989 et n’ont pas rouvert depuis, à cause des incidents terroristes) et autres activités d’après-ski. Non, une fois la nuit tombée, c’est chacun dans son hôtel, sachant qu’il n’y a que quelques établissements - le gouvernement contrôlant heureusement les constructions - et qu’ils sont bien éloignés les uns des autres, surtout dans la nuit non éclairée et enneigée. Beaucoup ne servent pas d’alcool même s’ils en autorisent la consommation. Bref, c’est plutôt ambiance famille. A moins de copiner avec les moniteurs de ski qui partagent des cabanes et t’invitent volontiers pour un thé, un verre ou un joint ;)

lundi, 11 février 2019

Vacances indiennes: De la chambre à gaz à la poudrière* - Part 1/3

Après un séjour somptueux à l’île Maurice, l’atterrissage dans le brumeux Gurgaon de décembre fut un peu rude. L’air de ce qu’on appelle presque affectueusement (affectueusement parce qu’on en parle constamment mais qu’on n’y fait résolument rien, à part acheter des air purifiers) maintenant en Inde la « chambre à gaz » (la super polluée Delhi et sa région) me convainquit rapidement de ne pas gâcher une opportunité de repartir.

Cap sur les montagnes - j’avais un peu peur que Goa me déçoive après les plages mauritaniennes et puis il faut profiter du fait que nous habitons dans le nord de l’Inde. Cap sur une destination enneigée donc. Oui mais laquelle? Manali (Himachal Pradesh) est l’option la plus courue mais la perspective de 16 heures de bus sur des routes hivernales m’a refroidie. Auli (Uttarakhand) me tentait bien mais c’est aussi loin et apparemment peu achalandé en hôtels. Gulmarg (Kashmir) remporta donc le choix. Mon Indien préféré eut la bonne idée de vérifier la météo et le niveau de neige - ça me semblait évident qu’à 2500 mètres ce serait enneigé mais la saison ne démarre en fait que mi-janvier, pour un gros mois. Nous atterrîmes donc après deux journées de neige à Srinagar, capitale du Kashmir, et prîmes directement un taxi pour Tanmarg puis un autre (avec les chaînes) pour Gulmarg. Après à peine deux heures de route, nous étions dans la capitale indienne du ski! Un guide a sauté dans notre 4x4 à Tanmarg et s’est mêlé de tout nous expliquer, à nous autres, pauvres touristes déboussolés qui ne comprenions rien: tu loues les équipements ici (300 rs la journée, 150 la demi-journée et 400 pour les étrangers), tu trouves le moniteur de ski ici (2200 rs affichés mais négociables), les télécabines coûtent tant (750 rs pour le premier tronçon, 950 de plus pour le deuxième). Nous n’avions même pas encore touché la neige, et cet excès d’hospitalité (monnayée évidemment) nous mit un peu mal à l’aise. Avions-nous vraiment besoin d’un guide ??
Le réceptionniste de l’hôtel ne fut pas d’une grande aide, en fait rien ne nous fut expliqué, même en ce qui concernait l’hôtel. Hôtel qui de prime abord nous plut d’ailleurs moyennement, un peu défraîchi avec des taches d’humidité ici et là qui faisaient mauvais ménage avec le prix. Le mieux c’est quand mon Indien préfère a fait remarquer au garçon le bruit de la chasse d’eau et que ce dernier s’est empressé de régler le problème en... fermant la porte, qui n’avait bien sûr aucune étanchéité sonore. Mais il faisait bon avec le chauffage central et la couverture électrique chauffante, et le ton était plutôt chaud avec le côté chalet en bois. Tout alla mieux, surtout mon début de mal des montagnes, une fois les toilettes réparées et le dîner avalé.

Après une rapide reconnaissance des lieux avec notre « guide », ce n’est que le lendemain que nous partîmes vraiment en exploration. Enfin, jusqu’aux pistes au moins, les garçons s’y essayant pour la première fois, chacun avec leur prof particulier, pendant que Bibi prenait des photos et refoulait les assauts de la faune locale: vendeurs de kawa (thé local aux amandes et safran), d’œufs durs, d’eau, de gants et lunettes de soleil, et loueurs de luge. On se croirait au bazar en haut et en bas de la piste pour débutants. Les loueurs de luge étaient particulièrement insistants. Et me prenaient pour une folle ou une pingre égoïste quand je refusais et galérais sur les pentes enneigées avec mon fils sur les épaules. Va leur expliquer qu’il ne veut pas monter sur leur luge... qui d’ailleurs t’évite certes de marcher mais te fait bien travailler les abdos pour tenir dessus. J’ai vu à Mont Abu des espèces de brouettes pour transporter les gens, à Gulmarg, l’hiver, c’est la luge. Surtout ne marchons pas trop...

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* Cet ancien haut lieu culturel et touristique souffre des conflits (et surtout de leur mauvaise presse médiatique) entre Pakistanais, Indiens et indépendantistes Kashmiris qui se disputent le territoire depuis la fin des années 80. Les incidents sont réguliers, même si le nombre de victimes est relativement limité. Quoi qu’il en soit, l’armée est partout.

dimanche, 21 septembre 2008

IncredIble Kashmir

Revenons sur un précédent post, pour mieux expliquer ce qui se passe au Cachemire, où ça fait 60 ans que ça pète ; une dispute territoriale qui s’éternise pour le Cachemire indien, divisé entre la vallée du Cachemire à majorité musulmane et la région autour de Jammu city dominée par l’hindouisme. Voici quelques données (Reuters_Factbox J&K_270808.pdf):

 

Géographie : Bordée par le Pakistan à l’ouest, l’Afghanistan au nord-ouest, la Chine au nord-est et l’Inde au sud, cette région montagneuse s’étend dans l’Himalaya occidental.

 

Population : 10 millions dans le Cachemire indien, plus de 3 millions dans le Cachemire pakistanais. Environ 70% sont musulmans, le reste hindous, sikhs et bouddhistes.

 

Territoire : 222 236 kilomètres carré, à peine plus grand que l’Etat américain Utah et presque aussi grand que l’Angleterre. L’Inde en contrôle 45% dans le sud et l’est, le Pakistan environ 35% dans le nord et l’ouest, la Chine le reste.

 

Histoire : Après la partition du sous-continent en 1947, le Cachemire devait être rattaché au Pakistan, comme les autres régions à dominante musulmane. Hari Singh, son maharaja hindou voulait rester indépendant mais, devant faire face à l’invasion par des troupes musulmanes du Pakistan, il s’est rapidement rallié à l’Inde en octobre 1947 en échange d’aide contre les envahisseurs.

 

Guerres : La dispute autour de cet ancien Etat princier a déclenché les 2 premières des 3 guerres entre l’Inde et le Pakistan après l’Indépendance de l’Angleterre en 1947.

En 1972, une ligne de cessez-le-feu gérée par les Nations-Unies a été accepté, appelé la Ligne de Contrôle, et divisant la région en 2 zones, une administrée par l’Inde et l’autre par le Pakistan.

En 1998 l’Inde et le Pakistan se sont armés de l’arme nucléaire, faisant du Cachemire l’un des endroits les plus explosifs.

En 1999, les deux pays se sont engagés dans une bataille le long de la Ligne que certains analystes ont appelée « guerre non déclarée ». Les forces ont échangé de coups de feu de part et d’autre de la ligne de cessez-le-feu pendant des années, jusqu’à ce qu’une trêve à la fin de 2003 intervienne, première pierre du chemin conduisant à la paix.

 

Le Cachemire indien : Gouverné comme l’Etat le plus au Nord de Jammu-Cachemire. Il a 2 capitales, Jammu l’hiver (de novembre à avril), Srinagar en été (de mai à octobre). New Delhi réclame le Jammu-Cachemire tout entier comme une part intégrale de l’Inde parce que le maharaja hindou a finalement décidé de se rallier à l’Inde en octobre 1947.

 

Le Cachemire pakistanais : Il est constitué par le petit Azad Kashmir (“Cachemire libre”) qui a son propre président et sa propre législation, et par les zones du Nord qui faisaient aussi partie de l’Etat avant l’Indépendance et étaient gérées directement par Islamabad. Islamabad dit que les Nations-Unies devraient mandater un référendum pour régler les disputes de la région, sûr que la majorité décidera de se rallier au Pakistan.

 

La Chine : Elle contrôle la 3ème section, le plateau reculé de Aksai Chin, historiquement appartenant au Ladakh. L’Inde s’est battue avec la Chine en 1962 pour cette région.

 

Economie : A peu près 80% basée sur l’agriculture. Les cultures sont de riz, pommes, safran. La région est également connue pour son artisanat comme les tapis, les sculptures sur bois, la laine et la soie.

 

Kashmir.JPGMAIS n’oublions pas que le Cachemire est également une zone magnifique, surnommé le « dernier paradis terrestre », un « Shangri-La ». Le tourisme pâtit sérieusement de l’insécurité de la zone évidemment. C’est tellement beau que des plus connus lui ont rendu hommage (voir la chanson de Led Zep ci-dessous) et que d’autres y font mourir Jésus (voir la synopsis du livre encore plus loin ci-dessous).

 

Vous connaissez sans doute la chanson de Led Zeppelin, Kashmir, de l’album Physical Graffiti (1975). Chanson écrite après des vacances au… Maroc (et non, pas au Cachemire, attends ce serait trop facile !). Pour Plant et Jones, c'est la chanson qui représente le mieux Led Zeppelin – d’où la vidéo qui retrace l’histoire du groupe sur l’air de Kashmir :

  

Oh, laisse le soleil taper sur mon visage, les étoiles remplir mon rêve.

Je suis un voyageur du temps et de l'espace, pour me retrouver là où j'ai été.

S'asseoir avec les Anciens de la noble race, ce monde a rarement vu ça.

Ils parlent de jours durant lesquels ils s'assoient et attendent, et tout sera révélé...

 

Paroles et chants de langues à la grâce musicale, dont les sons caressent mon oreille.

Mais pas un mot que j'entendis puis-je le raconter, l'histoire était très claire.

 

Oh, je me suis envolé... maman, c'est indéniable...

Je me suis envolé, c'est indéniable, indéniable...

 

Tout ce que je vois devient brun, quand le soleil brûle le sol.

Et mes yeux s'emplissent de sable, quand je scrute cette terre aride,

Tentant de retrouver, tentant de retrouver là où j'ai été...

 

Oh, Guide de la tempête qui ne laisse aucune trace, comme des pensées dans un rêve,

Fais attention au chemin qui me mena à ce lieu, la piste jaune du désert.

Mon paradis terrestre sous la lune d'été, j'y reviendrai à nouveau,

Sûr comme la poussière qui flotte haut en juin, traversant le Kashmir...

 

Oh, père des Quatre Vents, gonfle mes voiles, d'un côté à l'autre de la mer des Ages,

Sans provisions mais le visage ouvert, le long du Détroit de la Peur.

 

Quand je suis, quand je suis sur ma route...

Quand je vois, quand je vois le chemin, tu restes.

 

Quand je suis bas...

Mon bébé, laisse moi t'emmener là-bas !

Laisse moi t'emmener là-bas !

 

C’est d’ailleurs tellement beau, que le Christ n’a pas pu mourir ailleurs… C’est une théorie développée par l’Allemand Holger Kersten (Jesus Lived in India – 1986), et évidemment âprement critiquée. Il raconte que Jésus serait (plus ou moins) tranquillement descendu de sa croix après la crucifixion, aurait embarqué maman Marie au passage et serait parti… en Inde ! 16 ans à se balader en Turquie, Iran, Europe de l’Ouest, probablement l’Angleterre (oui oui c’est un scoop), et finalement au Cachemire ; puis Inde du Sud et re-Cachemire où il serait décédé à environ 80 ans… D’ailleurs il a sa tombe dans la vieille ville de Srinagar, dans un bâtiment appelé Rozabal, la tombe elle-même portant le nom de « Hazrat Issa Sahib » ou « Tombe du Seigneur Dieu Jésus ».

Ce livre peu vendu en France (c’est comme qui dirait pas très catholique comme version) est dans toutes les étals ici. Faut dire que Jésus a la côte ici. Certains en ont fait un 11ème avatar de Vishnou (descendu 10 fois sur Terre sous des formes différentes) voir même carrément Krishna (un avatar humain de Vishnou). Christ – Christos – Krishna ça se tient non ?!

 

Sources : http://www.salagram.net/JesusLivedInIndia.html; http://www.salagram.net/Jesus-Went-To-India.htm

http://let.kashmir.free.fr/; Traduction de la chanson de PYZeppelin.free.fr (Paroles en anglais : Lyrics_Led Zeppelin_Kashmir.pdf).