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dimanche, 16 novembre 2014

Le berceau rock 'n roll - Part 1

Bilan à cinq mois de grossesse : achats pour bébé – zéro ; prévision d’achats pour bébé – zéro.

Sauf que parfois la vie te rattrape et décide qu’il est temps que tu t’instruises sur le couchage pour nourrisson ! C’est ainsi qu’en prenant un thé (bye bye LITs) avec une copine au bord de l’accouchement, j’ai tout appris du co-dodo (enfin ‘tout’… j’ai surtout appris que co-dodo ça veut dire que le bébé dort dans ton lit. Ou presque). Son achat de lit bébé qui se colle comme une extension du lit des parents me plut bien ; une bonne solution pour la  feignasse que je suis : pas besoin de sortir du lit pour nourrir la nuit !

Le soir j’abordai donc le sujet avec mon Indien préféré qui a su rester complètement stoïque, même pas surpris le mec. Sa mère en revanche…Choc des cultures : en Inde le bébé dort dans le lit de ses parents au moins jusqu’à ses deux ans ; en France il est exilé dans sa chambre dès le premier soir (on lui apprend la vie direct chez nous, pas de pitié !). T’aurais vu la tête de ma mère à l’évocation du lit co-dodo ! Et elle me sort un « t’es sûre ?? » qui vaut un « encore une idée de merde ! » !!

Argument en faveur de la technique indienne : pratique et économique. Argument contre : quid de l’intimité de couple ?? Tout est là… En Inde la famille tourne autour des enfants et des parents. En France (pour ne pas dire en Occident), elle tourne autour du couple. En gros. (C’est pour ça que quand le couple part en couilles, la famille se délite…)

Comme dans la vie tout est une question de compromis, nous nous mîmes d’accord assez vite (mes grands discours sur l’épanouissement sexuel du couple ont su toucher une corde (oui oui j’ai bon espoir de remettre le couvert avant que Junior fête ses 5 ans et j’assume !)) sur un berceau près du lit (mais pas collé), qui sera transporté dans les 3-6 mois (on se laisse un peu de marge !) dans la chambre d’amis – je dirais bien la chambre bébé mais vraiment, on a fait zéro aménagement !

Cette option de couchage nous a semblé flexible… Flexible mais pas simple. Dans un pays où les bébés dorment dans le lit des parents ou dans des bouts de tissu suspendus à une corde faisant office de hamac, pas facile de trouver un berceau. Et là, surprise, ton cher mari se penche sur la question en profondeur et finit par être capable de t’expliquer les avantages du balancement latéral, de la protection renforcée qui évite au bébé de bouffer du bois en mâchouillant ses barreaux. Dans la foulée, il élit le berceau de ses rêves, le ‘Da Vinci Rocking Mini-crib’. Le truc qui va de 0 à 24 mois, qui se balance mais qui peut aussi rouler (‘rock ‘n roll’ quoi !). Et qui n’existe pas en Inde. Ni même en France. Nulle part ailleurs qu’en Amérique du Nord en fait. Et sans livraison possible dans d’autres pays. Couillon. Pourtant il faut bien récompenser le mâle d’un tel effort non ??

jeudi, 06 novembre 2014

Conseils grossesse à l'indienne

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À 6 semaines, ma gynécologue indienne (un dinosaure) nous a confirmé la grossesse et donné ses premières recommandations : « vous arrêtez immédiatement la papaye. Et aussi l’ananas. Et vous ne mangez plus à l’extérieur pendant les six prochaines semaines. »

Non pas que je mange de la papaye tous les jours, mais j’aime pas trop qu’Inde,grossesse,conseils,mythes,papaye,ghee,poster de bébéon m’empêche de faire des trucs ! Alors j'ai vérifié... Une étude a bien été menée, sur des rats, et voici qu’on peut en conclure : « une consommation normale de papaye mûre pendant la grossesse ne présente aucun danger important; toutefois, la papaye pas mûre ou à moitié mûre (qui contient une concentration élevée de latex qui peut provoquer des contractions utérines) pourrait être dangereuse pendant la grossesse. » (source). Comme dit mon nouveau médecin, il faudrait ingurgiter des kilos de papaye pour avoir un effet, pas de quoi paniquer après une tranche au ptit dej !

 

Inde,grossesse,conseils,mythes,papaye,ghee,poster de bébéEnsuite, j'ai informé mon gestionnaire de stock de ma grossesse et sa première question était de savoir si j'avais accroché au mur un poster avec des bébés ? Il était convaincu de la méthode car il avait lui-même accroché un poster avec des bébés blancs et sa fille était belle et au teint pâle ! Gare de pas afficher un poster de Schtroumpf !! Comme j’ai rigolé (malgré avoir vu un poster similaire chez ma belle-sœur), on m’a expliqué que d'avoir sous les yeux des images belles ou positives belles peuvent aider à se sentir bien, ce qui est excellent pour le bien-être du fœtus et la grossesse en général. Plus tard, dans le même ordre d'idées, mon Indien préféré m'a demandé de lire moins de thrillers et d’arrêter de regarder des films de meurtre... Oooooommm… A ce train-là je vais donner accoucher d'un Bisounours moi !

 

Quelques semaines plus tard, j'ai rendu visite à une cliente et sa réaction a été très spontanée: « Oh tu es encore plus belle ! Quand est-ce que tu accouches de ta fille?? » Elle a dû lire la stupéfaction sur  mon visage – je ne sais pas moi-même le sexe du bébé – car elle m’a expliqué que si le visage d’une femme enceinte est rayonnant, alors elle aura une fille. Donc mon visage rayonne mais j’ai aussi un ventre bas, petit et rond, ce qui indiquerait un garçon. On verra bien ! 

 

Au bureau, je reçois aussi des conseils « sains »: « tu dois manger deux foix plus parce que tu manges pour deux », « ne prends pas les escaliers ça pourrait créer un choc pour le bébé », « quoi??? Tu te déplaces en rickshaw, arrête tout de suite ! Et en moto aussi,  mais tu es folle ou quoi ? ». Pas étonnant que beaucoup de femmes indiennes enceintes se transforment en éléphants – c’est d’ailleurs le sujet de prédilection de ma nouvelle gynéco : la formidable transformation des mères indiennes au cours de la grossesse par rapport aux européennes – sa théorie étant que ça doit être génétique. Ce dont je ne suis pas convaincue, puisque les études (source) stipulent que « les femmes d’Europe occidentale prennent 10-12 kg quand leurs homologues dans les pays en développement [l'étude incluant l'Inde] prennent en moyenne 7-9 kg ». En tout cas, elle ne fait montre d’aucune compassion quand je prends 100 gm de trop entre deux rendez-vous ! 

 

J’ai trouvé le conseil suivant très drôle, même si je ne l’ai pas reçu : « boire de l'eau de noix de coco après le septième mois de grossesse rend la tête du bébé aussi grosse qu’une noix de coco » Ou bien « commencer par manger quelque chose de blanc première chose le matin permet d’avoir un bébé au teint clair ».

 

Et, dernière anecdote mais pas des moindres, alors que je discutais de ces mythes indiens avec une amie française, elle a partagé, hurlant de rire, qu'elle avait lu que dans les villages, les femmes enceintes mangent du ghee (du beurre clarifié (la pure graisse du beurre, ce qui reste après que les matières solides du lait et de l'eau ont été supprimées) couramment utilisé dans la cuisine indienne) pour lubrifier la sortie du bébé. J’ai évidemment aussi trouvé ça très drôle jusqu'au jour mon Indien préféré est rentré à la maison avec « mon » ghee. Et non, je ne lui ai pas ri à la face, parce que quand il m’a ramené durant le premier trimestre mon « thé » (une potion ayurvédique dégoûtante appelée 'Bhadradi Kashayam'), il m’a pratiquement sauvé la vie et m'a aidé à surmonter les nausées tout au long de la grossesse. Et puis aussi il a pris sur lui de m’offrir une alimentation saine, en préparant tous les jours des soupes, des salades, des jus etc. Donc le minimum que je pouvais faire était de le prendre au sérieux et me renseigner sur l’affaire. Il n’était en fait pas question de manger du ghee de cuisine mais une préparation spéciale de ghee avec des herbes, comme il en a une pour ses articulations (suivant les herbes utilisées, le ghee se déposera dans différentes parties du corps). Ni d’en manger des quantités astronomiques comme on m'avait dit (ce qui aurait d’ailleurs ruiné tous nos efforts pour contrôler la prise de poids). Je prends donc quotidiennement une cuillère de 'Sukhaprasava Ghritham’ – recommendé pendant les 7ème et 8ème mois de grossesse « pour assurer une naissance facile de l’enfant ».

 

Sources (mythes sur la grossesse en Inde): http://www.babycenter.in/x1023025/is-it-safe-to-eat-papaya-ipapitai-during-pregnancy ; http://www.thehealthsite.com/pregnancy/eating-ghee-will-make-your-baby-slide-out-easier-and-other-such-hilarious-indian-myths-busted/; http://wonderwoman.intoday.in/story/food-myths-in-pregnancy/1/84211.html ; http://www.Rediff.com/Getahead/2007/May/23preg.htm 

 

Sources (Ayurveda et grossesse): http://www.ayurvedaelements.com/articledivinedelivery.php ; http://ayurveda-foryou.com/women/garbhasanskar.html ; http://ayurmedinfo.com/2012/05/28/sukhaprasava-ghritham-Benefits-dosage-Side-Effects-Ingredients/

vendredi, 24 octobre 2014

Yoga: entre tradition et modernité

Mais mon histoire de yoga prénatal ne s’arrête pas là (cf note précédente)…

Après deux mois à chanter Om, mettre les pieds au mur, rebondir sur mon ballon de grossesse, prendre la pause du Guerrier, et ce trois fois par semaine, ma chère prof a soudainement augmenté ses tarifs de plus de 50%. Et n’a pas apprécié que, une fois la voiture rentrée du garage, je lui indique ce que ça m’a coûté et ce que je pourrais attendre d’elle.

J’avais précisé dès le début que je préférais qu’on gère le yoga et la voiture séparément. Pour elle, deux séances d’essai et une ristourne sur les 12 séances suivantes compensaient.

Rien de tout ça n’était très grave bien entendu. Mais ça peut suffire à casser l’ambiance ! Alors surtout quand tu fais du yoga c’est pas cool…

J’ai donc repris mes recherches de prof de yoga prénatal, dans l’idée de faire un « benchmark » (voir ce que d’autres profs proposent et à quel coût). Une Indienne de mon groupe Whatsap de mamans à Mumbai (on n’arrête pas le progrès) m’a suggéré un nom. Aussitôt dit aussitôt fait, je signais pour une classe d’essai !

C’est ainsi que je vis débarquer S., la quarantaine, salwar-kameez, rondelette, sans tapis de yoga (ne parlons même pas de musique). Le contraste est saisissant : ma prof actuelle est jeune et mince (ca chagrine d’ailleurs les papas de mes copines qui suivent ces cours : qu’est-ce qu’elle peut bien savoir de la grossesse ??), actrice bollywood et mannequin à ses heures. Mais ne soyons pas dans le jugement, la tradition peut avoir du bon !

Nous commençons donc par les questions d’usage : d’où je viens, ce que je fais, ce que fait mon mari ( ?), depuis combien de temps nous sommes mariés (??), où il a étudié (???). C’est vraiment d’usage ces questions pour un cours de yoga ?

Puis nous nous lançons dans les exercices. Là je me serais crue dans un sketch de Coluche :

« Levez, baissez, levez, baissez...

Bon maintenant on va faire l'autre paupière. »

On lève le bras gauche, on fait tourner le pied droit. Pendant ce temps-là elle me regarde fixement avec un sourire bizarre. Je parierais qu’elle ne rencontre pas des étrangers tous les jours…

On respire trois coups par le nez et on se remet à causer. De but en blanc, S. se lance dans une tirade sur l’allaitement et attention elle y va pas par quatre chemins : « Tes tétons sont sortis ?? » Heureusement que j’étais assise…

« Non parce qu’il faut absolument que tu allaites. Alors si tes tétons sont pas sortis, tu dois tirer dessus tous les soirs et mettre une goutte d’huile. Demande à ta gynéco. » Et elle ne s’arrête pas là : « Quand tu allaiteras et que tu seras fatiguée, ne te mets pas sur le côté, tu pourrais l’étouffer en t’endormant. »

Je n’ai jamais eu aussi hâte qu’un cours de yoga se termine. A son grand dam, je n’ai pas booké pour 12 séances, ni promis de continuer… Ca fait 7 mois que j’arrive à éviter les histoires affreuses sur la grossesse et le reste, et voilà-t-y pas que c’est une prof de yoga qui vient me bourrer le mou, sans même faire ce qu’elle était venue faire. A savoir un cours de yoga !

C’est donc avec grand plaisir que j’ai retrouvé mon ancienne jeune prof de yoga et ses méthodes « occidentalisées » ! On va pas se fâcher pour 50 euros hein ! On va retourner au ballon de grossesse et aux exercices de Kegel (j'aime bien ca les exercices de contraction des muscles vaginaux, ca me rappelle un épisode de Sex and the City que j'ai vu quand je devais avoir 15 ans! (voir ce site)) qui n’existaient sans doute pas dans le siècle de S….

* PS : Vu avec la gynéco : pincer les tétons peut au contraire provoquer des contractions: le corps comprend qu'il faut allaiter, et comme c’est plus facile si le bébé est dehors, il se prépare à l'expulsion…

NB: Nous avons une prof de yoga « traditionnelle » au bureau (grosse, en salwar-kameez, sans tapis de yoga ni musique) et qui est excellente... Et ma première prof d’ashtanga yoga, très « moderne » (mince, belle, active en musique), ne m’a finalement rien enseigné que des positions (zéro explications). Je n'essaye pas de prouver quelque chose avec cette note, juste de raconter une histoire !