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lundi, 06 novembre 2017

Bébé Samourai va à l'école

Quelle affaire, envoyer son bébé (oui son bébé) à l’école dans les mégalopoles indiennes…

inde,école,crèche,éducation,pression,montessoriDepuis que mon fils a passé la barre fatidique (semble-t-il) des 15 mois, c’est la première question que l’on me pose : « alors, il va à l’école ?? ». Ceci-dit, il se peut que cette obsession de la scolarisation soit spécifique à mon environnement résidentiel, parce qu’il semblerait qu’en Inde, tel que le souligne la fondatrice d’une chaîne de crèches, les parents rechignent à scolariser leurs enfants avant 3 ans. Pendant cette trinité d’années, l’enfant est considéré comme un prolongement de ses parents, un petit animal qu’il faut nourrir, changer et endormir – on couvre ses besoins primaires, sans lui prêter de personnalité propre, et on ne s’inquiète pas trop de son ‘développement’. Il faut dire qu’avec les familles à rallonge, la question de la ‘socialisation’ des gosses ne devait pas trop se poser. Cette chef d’entreprise s’est donc investie d’une mission : expliquer aux parents indiens (surtout ceux qui bossent et ceux qui vivent des familles plus petites) les concepts de socialisation etc. Apparemment son prêche a reçu une oreille bien attentive là où je vis, avec tous ces richards exposés à la culture occidentale, qui te regardent comme un monstre si tu ne mets pas ton petit à la crèche.

Sauf que je me permets de remettre les choses dans le contexte. En France par exemple, la inde,école,crèche,éducation,pression,montessoricrèche est rarement un choix mais une exigence due à l’activité professionnelle des deux parents et des grand-parents qui comptent bien profiter de leur retraite et non remettre le couvert à temps plein. Partant de là, on peut trouver des avantages à la crèche évidemment, mais le petit-d’homme ne sait pas jouer avec les autres enfants jusqu’à au moins 2 ans, voire plus tard. Avant ça il se construit son individualité et n’a pas de place pour ce genre d’interactions. Je n’avais rien lu au préalable, ne me fiant qu’à mes intuitions mais la littérature résume bien mon état de pensée. Et moi, ayant dégoté une super nounou, une super maison avec un parc équipé pour enfants au bout de notre jardin, je ne voyais pas le besoin d’imposer des trajets en voiture (et des bouchons) et une scolarité précoce à mon garçon. Et les considérations pécuniaires n’entraient même pas en ligne de compte dans cette décision, mais elles auraient pu, à presque minimum 2000 euros l’année dans une ‘bonne’ crèche… Je pris donc le risque de passer pour une mère indigne.

jlj-concept-school-nonprofit-k12-school-in-india-affiliated-to-cbse-24-638.jpgCeci-dit, je suis suffisamment ouverte aux suggestions et capable de me remettre en question, et j’ai donc essayé les programmes « mère-enfant » des crèches locales quand mon fils avait 15 mois. J’ai aussi emmené ma nounou. Au bout de 3 heures, dans les deux centres où j’ai tenté l’expérience, nous sommes parties en prenant nos jambes à notre cou. Je m’étais attendue à des jeux et du fun. Je suis tombée dans un enfer de bruit ; c’est fou comme ils arrivaient à en faire ces instituteurs. Et que je chante et que je parle, on enchaîne les activités à une vitesse infernale, pas un moment d’inattention autorisé aux enfants : regarde par ici, ‘P pour parapluie’. Ils m’ont dégoutée. Et m’ont confortée dans ma mauvaise opinion des écoles indiennes qui poussent au développement et à l’apprentissage scolaire à un niveau exacerbé. Mon bébé attendra bien 18 ans avant d’aller en cours ! (Ou au moins 3 ans ;) )

Ma voisine, que j’aurais bien aimé prendre en exemple et à laquelle je demandai des conseils pendant notre installation, est tombée bien bas dans mon estime pour avoir insisté autant à ce que je le mette dans une de ces écoles où sa fille va, pauvre gamine.

Sauf que. Ma nounou a commencé à faire des siennes. Sachant très bien que j’aurais un mal de chien à trouver une perle comme elle, j’ai préféré regarder des options d’école plus tôt que prévu. J’en ai sélectionné 4. Une suédoise – que j’ai dû barrer de ma liste parce qu’ils ne prennent pas avant 3 ans et demi (en fait presque 4 ans et demi pour mon fiston, vu que les enfants doivent avoir 30 mois en avril et pas une semaine de moins), une entre chez moi et le bureau et 2 Montessori. Montessori c’était sur les conseils d’une copine. Mais attention, à Gurgaon, presque toutes les écoles sont des ‘International Montessori Schools’ – même si elles sont tout ce qu’il y a de plus indien et n’adoptent que certains principes Montessori. Bref, le site de la fondation Montessori m’a fourni le nom des deux seules écoles 'accréditées' à Gurgaon (pas une seule à Delhi !). Voilà.

Nous avions d’abord rendez-vous entre une école « normale », que nous devions visiter en-dehors des heures de classe, avec un chéquier (la visite est payante et puis les places sont chères, alors si on aime vaut mieux s’inscrire sur le champ, enfin elle dit ça elle dit rien la secrétaire) et un questionnaire complètement alambiqué – la question « les enfants adorent faire plaisir à leurs parents ; pouvez-vous nous donner un exemple ? » m’avait laissée pantoise et c’est mon mari qui avait trouvé une réponse… Entendons-nous, mon fils est génial, mais je dois bien avouer que jusqu’à ses deux ans (et encore la plupart du temps maintenant), mon bien-être il s’en moque comme d’une guigne : « maman fais ci, maman fais pas ça »….

Et tout de suite après nous devions aller voir l’école Montessori qui avait répondu à mon mail. Le nom n'augurait rien de bon, dans ma perspective (ProductiveMinds) mais restons ouvert d'esprit...

inde,école,crèche,éducation,pression,montessoriNotre premier rendez-vous a été annulé. Un acte manqué. Et pour cause ! Je n’avais pas plus tôt passé le portillon de la deuxième école que je savais que notre quête s’arrêterait là. Pas de salles de classe, les enfants de tous âge sont ensemble. Chacun vaque à ses activités, en silence (pas de ‘maître’ qui s’égosille sur Petit Papa Noel en plein mois de juillet). Un jardin où les allées et venues sont autorisées librement, avec même un potager. Pas d’uniforme. Et des horaires flexibles. Vendu !! Sans parler, petit bonus, des bienfaits scolaires de cet enseignement pour les enfants… Cette école me rend presque contente de vivre à Gurgaon, et c'est pas rien !

Depuis, la nounou est revenue à de meilleurs sentiments et Bébé Samourai a commencé l’éinde,école,crèche,éducation,pression,montessoricole à 2 ans et 9 mois. Et tout s’est très bien passé ! J’ai même eu droit à rester dans la classe plusieurs jours pour une adaptation en douceur (la mienne, je tiens à préciser, mon fils s’étant accoutumé très vite).

Tout ça me laisse donc au moins 2 ans de répit, avant de devoir mon plonger dans la sélection de l’école suivante, ce qui n’est pas tâche facile. Il y a par exemple les curriculums indien et britannique. Ensuite il faut être pris et prêt à payer des sommes astronomiques. L’éducation, comme la santé, sont des business en Inde. Et des business pas très propres si on en croit cette étude sur la corruption. Et si on n’y croit pas, il faut voir ce film, Hindi Medium, basé sur des faits réels et qui met en scène une famille de riches aux origines modestes qui se font refuser l’entrée aux écoles et se font passer pour pauvres pour intégrer les quotas. Super drôle mais franchement un peu dérangeant aussi…

inde,école,crèche,éducation,pression,montessoriParce qu’au-delà de la question financière, il y a cette pression sur les gosses, cette course à la performance, être le meilleur en classe parce qu’ils sont des millions (oui des millions, cette classe moyenne et en-dessous qui aspire à se sortir de la merde grâce à l’éducation de ses rejetons) derrière à vouloir te piquer ta place – mais quelle place d’abord ? Le bonheur sacrifié à l’autel de la réussite financière et sociale. Le tout sans négliger les activités extra-scolaires. Et ils dorment quand ces gosses ? Ils jouent quand ? Et quand est-ce qu’ils passent du temps avec leurs parents ? En tout cas je ne vois pratiquement jamais ni mère ni père au parc…

Et puis après il y a tous ces pauvres gosses (84 millions d'après le recensement de 2011) qui n’ont pas accès à l’école pour des raisons de coût et ou de logistique…

 

 

lundi, 10 juillet 2017

Travailler en Inde: la retraite (ou PF)

Inde,travailler en Inde,cotisation retraite,retraite,PF,provident fundSi tu travailles en Inde et que tu reçois un salaire indien (enfin, payé en Inde et en roupies, je ne parle pas là du montant), alors tu devrais avoir entendu parler du Employees’ Provident Fund Act (1952).

Le Employees’ Provident Fund, ou EPF, ou PF, c’est un peu un système de retraite, pour lequel l’employé et l’employeur cotisent – une certaine somme est placée chaque mois (1) et gagne des intérêts (2), comme un placement lambda, et ça s’appelle le ‘PF account’ (3). Le tout (la somme cotisée et ses intérêts) peut être retiré (4) dès que tu as 55 ans et pars à la retraite.

Quasiment toutes les entreprises de plus de 20 employés doivent cotiser, pour les autres c’est volontaire.

(1) L’employeur contribue 12% du salaire brut mensuel (voir la 1ère capture d'écran en bas de la page pour comprendre que c'est pas exactement 12% qui est versé au titre du PF) qui comprend le ‘Basic’ et le ‘DA’ sachant que la structure du salaire en Inde ressemble à ça:

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et l’employé contribue 12% également. Ceci étant dit, la cotisation de la part de l’employé est volontaire : il peut décider ou non de cotiser personnellement si son salaire est supérieur à 15 000 Rs (s’il gagne moins que ça c’est obligatoire), et il peut également cotiser davantage que la somme préconisée (12%).

(2) Les intérêts qui courent pour l’année 2016-17 sont de 8.65% ; ça change d’année en année. Et ces intérêts ne sont pas imposables. Comme la somme placée d'ailleurs. Tout le PF n'est pas imposable ; mais évidemment ca peut changer !

(3) Depuis 2014, l’employé à un UAN, un numéro d'accès unique, et un compte unique de PF – avant il en avait avec chaque entreprise pour laquelle il avait travaillé – et peut tout suivre en ligne. On peut également recevoir un relevé qui est annuel et disponible en général vers août-octobre.

(4) Si tu changes d’entreprise tu peux transférer ton PF en remplissant une Form 13 et après un mic-mac entre l’ancien et le nouvel employeur, voilà ! Ou tu peux aussi le faire directement en ligne.

Tu peux aussi retirer ton PF (pas sûre si tout ou partie seulement) mais il faut attendre 2 mois pour faire la demande et rester au chômage pendant ces 2 mois (sauf si tu pars à l’étranger ou que tu es une femme et que tu as besoin des fonds pour te marier) ; ensuite ça prend entre 30 et 60 jours (qu’ils disent). Attention, si on retire les fonds avant la retraite, les intérêts sont imposables (sauf si on a bossé plus de 5 ans pour le même employeur).

Si tu changes de job et ne transfères ni ne retires ton PF, tu continues de gagner des intérêts dessus jusqu’à 55 ans, même si ça fait plus de 3 ans que tu as changé d’emploi (la règle a changé en 2011 puis en 2016).

Si les noms et date de naissance ne correspondent pas sur les différents PF accounts, et comptes bancaires, et PAN account, bah bon courage !!

En bref  :

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Liens utiles:

lundi, 03 juillet 2017

Travailler en Inde: Impôts

Après la structure du salaire, les impôts !

Voic les tranches d'impôts sur le revenu pour 2017-18 :

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Reprenons le schéma de l'étranger qui gagne 100 000 Rs par mois et 1 250 000 à l'année :

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En outre du salaire imposable, il peut bénéficier d'exemptions (des sommes à retirer au salaire brut avant de calculer l'impôt), parce que oui, tu peux réduire tes impôts :

  • Pour les lignes 1. C) à 1. H) / dans la limite du montant indiqué dans la colonne 'yearly'
  • Une somme (deduction under 80C) de maximum 150 000 Rs par an, qui comprend un investissement et/ou le Provident Fund (voir note suivante), sur la partie payée par l'employé

Si l'étranger en question arrive à fournir des preuves pour le montant maxiumum d'exemptions, il pourra économiser jusqu'à 6% d'impôts ! Pas mal nan ??! Et sinon, il payera en tout et pour tout 15% d'impôts alors qu'il tombe dans la tranche des 30% (voir tableau ci-dessous).

Et par exemple si il ne paye que 140 000 Rs de loyer (alors qu'il a un plafond de 281 250 Rs), qu'il ne voyage pas et ne tombe pas malade et n'investit que 100 000 Rs, il économisera 5.8%.

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En Inde, les impôts sont payés à la source. Il faut néanmoins remplir un formulaire de 'Income Tax Return'. Si vous avez payé trop d'impôts vous serez remboursés et si pas assez vous devrez payer. Pour cela, vous pouvez faire appel à un comptable, ou le faire directement en ligne sur efiling (non sans vous être muni au préalable de la Form 26 fournie par votre employeur). Il faut le faire avant fin juillet. C'est obligatoire, et demandé à chaque renouvelement de visa.

Si vous n'êtes pas encore enregistré, il suffit de le faire ici (il vous faut juste votre numéro PAN).

Si vous n'avez pas de numéro PAN, sachez que c'est obligatoire et pas vraiment compliqué. Un agent peut vous aider, ou vous pouvez le faire vous-même ici. Attention aux noms dans les déclarations et les pièces d'identité fournies (surtout aux 2ème et 3ème prénoms)...

Plus d’infos ici sur les impôts : http://economictimes.indiatimes.com/wealth/tax/latest-inc...