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mercredi, 28 novembre 2007

Les tigres!!!

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Les chiffres parlent d’eux-mêmes (article du Times of India, 24 novembre 2007 : http://timesofindia.indiatimes.com/India/Less_than_1700_tigers_left_in_the_wild_now/articleshow/2568293.cms ):

« Il y a moins de 7500 tigres en liberté. On en avait compté 3642 il y a 4 ans (avec une méthodologie controversée). Les Etats du centre de l’Inde ont perdu plus de la moitié de leur population à cause du braconnage et la fragmentation de l’habitat. Il ne reste plus que 461 tigres sur 1233 précédemment. Par exemple le Madhya Pradesh comptait 710 tigres en 2002 et n’en a plus que 300… (26 dans Chattisgarh, au lieu de 227 et 103 dans le Maharashtra (mais pourquoi je suis allée aussi loin ??!). »

Nous avons choisi le Madhya Pradesh, et la réserve de Kanha. Je voulais Bandhavgarh (paraît qu’on est assuré à 200% de voir des tigres là-bas).  Il y aurait dans les 130 tigres (8 ont des colliers, et paf c'était pour nous!! mais est-ce qu'ils sont vraiment sauvages??)... Bon la meilleure saison c'est mars-avril quand la sécheresse arrive et que les tigres sont obligés de sortir de la jungle. A éviter absolument les week-ends: les prix doubles et les Indiens rappliquent (c'est pas pour critiquer mais une jeep bourrée de 8 Indiens, notamment des enfants, ça peut être bruyants!).

On peut faire 2 safaris par jour. Départ le matin à 5h30 (dans un froid glacial, dans les 5°C) (les portes du parc ouvrent à 6h), pour un safari de 6h. Départ l’après-midi à 14h30, pour un safari de 3h. Les jeeps sont obligatoires, ainsi que le guide du parc, dont le seul rôle est de s’assurer que les règles (et notamment le plan de route qui doit éviter les bouchons) soient bien respectées. Et ça marche ! Pas un Indien qui pisserait n’importe où… Qui l’eût cru ? On n’a même pas eu le droit de ramasser une épine de porc-épique qui venait de se faire bouffer par un tigre !

Les tigres sont les rois. Assis au milieu de la route, ou la traversant (entre 15 jeeps) – un coup d’œil à droite, un coup d’œil à gauche, et c’est parti –, une nonchalance remarquable… Rien à foutre de rien. On en a vu 2, des jeuns, un mâle et une femelle, en 4 safaris. Et puis plein d’autres animaux. Important : il faut savoir apprécier TOUTE la vie sauvage, et pas seulement traquer le tigre. Parce que c’est vraiment magnifique. On a loupé le léopard (y en aurait 88 à Kanha, et c’est aussi une espèce en voie de disparition mais tout le monde s’en fout !). Perso, j’ai adoré les singes, qui ont une pause terrible et qui donnent (ainsi que certains oiseaux) l’ « alarm call » dès qu’ils voient un tigre (c’est comme ça qu’on les repère). Bon des fois, y a des « missed calls »…

Il est possible de faire des safaris à dos d’éléphant. Les types partent traquer le tigre à 4h du mat’ et dès qu’ils en voient un, ils appellent les touristes qui montent sur l’éléphant et vont voir le tigre. Nous on n’a pas eu de pot : soit nous nous étions enregistrés trop tard pour le safari, soit les éléphants étaient réquisitionnés pour chercher un tigre blessé (des chanceux ont vu deux tigres mâles se fighter, ah dure loi de la nature !! d’ailleurs il n’est pas rare que les pères tuent les bébés mâles…).

En plus de ça notre hôtel était terrible, tout vide, super bonne bouffe, soirée au coin du feu sur notre terrasse. Pas de bruit (c’est bien la première fois, en un an !). Pas de télé. Coucher à 9h !! Des vraies vacances !!!

mardi, 13 novembre 2007

Bouge ton boule c'est Bollywood!

Un an et une semaine en Inde et je n’en ai jamais parlé… My God. Faut dire que ça fait à peine un mois que je m’y suisc9611f2b10bf44136683ae3fc228b4d3.jpg mise (bon mais j’en ai vu 5 pendant ce laps de temps !). Et pourtant, pas un dîner où les acteurs Bollywood ne sont pas évoqués (c’est comme le cricket en somme). Mais pour les potins, on verra plus tard (Dallas à côté c’est de la gnognotte). http://www.bollywoodgossips.net/

4c5a1686fcd7a0ec1f55b6d5515442b0.jpgDimanche, j’ai vu Om Shanti Om. C’est l’histoire d’un type figurant qui est amoureux d’une jeune première qui sort avec un producteur. Et puis plein d’intrigues après… La 1ère partie c’est le cinéma des années 70 (ah non mais les Indiens avec des fringues des sixties c’est exceptionnel), la 2nde le cinéma des années 2007. Les plus du film (selon moi) : on comprend tout même sans capter les dialogues et c’est une satyre du cinéma bollywoodien (j’ai halluciné en lisant que la productrice voulait en faire une « ode à l’ère dorée du cinéma », ils sont tous complètement tournés en ridicule). Il y a beaucoup de critiques négatives sur le film (mais je suis pas assez connaisseuse pour comprendre) ; l’important c’est que tout le monde s’accorde pour dire qu’il est divertissant.

Le trailer : http://www.youtube.com/watch?v=Hh2u5vXQsq8

Le hit : http://www.youtube.com/watch?v=kYsIzdK0DP8

ETymologie : « porte-manteau » de Bombay et Hollywood. Bollywood fait donc référence à l’industrie cinématographique de Bombay/Mumbai – attention, ce n’est pas l’industrie indienne, il y a des tonnes de genres différents. On les appelle aussi les masala films (masala = mixture d’épice).

Histoire : « Bollywood est un terme qui déplaît souverainement aux réalisateurs hindis ; ils rappellent que l’industrie du cinéma existe à Bombay depuis plus longtemps qu’à Hollywood, puisque les premiers studios américains se sont créés sur la côte Est avant de déménager en Californie au début du XXème siècle. Les frères Lumière ont amené le cinématographe à Bombay en 1896, quelques mois seulement après avoir présenté leur merveilleuse invention à Paris. […] » (Suketu Mehta, Bombay Maximum City). Le 1er film indien (silencieux) a été tourné en 1913 (Raja Harishchandra). Dans les années 30, 200 films étaient produits chaque année. Le 1er film parlé, en 1931, a été un super hit (Alam Ara). A la fin des années 50, la couleur est arrivée mais ne s’est vraiment imposée que dans les années 65. Depuis les années 2000, Bollywood se modernise : devenu célèbre dans le monde entier, il faut être à la hauteur !

Quelques chiffres (Suketu Mehta, Bombay Maximum City):

« En ce début de XXIème siècle, l’industrie indienne du spectacle pèse près de 3 milliards d’euros. Cela ne représente qu’une part infime des 230 milliards d’euros qui y sont investis chaque année dans le monde, mais l’Union se classe tout de même au premier rang mondial pour le nombre de réalisations et de spectateurs. Elle produit en moyenne 1000 longs-métrages, 40 000 heures d’émissions télévisées et 5 000 albums de musique qui sont exportés dans 70 pays. Chaque jour, 14 millions d’Indiens voient un film dans les 13 000 salles du sous-continent ; et les films indiens attirent dans le monde un milliard de spectateurs de plus que les productions hollywoodiennes. La télévision n’est pas en reste : 60 millions de foyers possèdent un téléviseur, et près de la moitié (28 millions) étant câblés, les ruraux comme les citadins ont le choix entre une bonne centaine de chaînes. […] L’Inde est un des rares continents où Hollywood n’ait pas réussi à se creuser mieux qu’une petite niche ; les films américains comptent à peine pour 5% du marché. Les cinéastes hindis font d’ingénieux saboteurs. Alors que partout ailleurs le cinéma a été terrassé par Hollywood, l’Inde a absorbé Hollywood dans la grande tradition hindoue : elle l’a accueilli à bras ouverts, n’en a fait qu’une bouchée et l’a régurgité. Joyeux métissage de tous les genres connus jusqu’alors, le produit de cette digestion est une nouvelle divinité à dix têtes.

Les règles :

1.       Durée : 2h45-3h, avec parfois l’hymne national au début (il faut alors se lever) et toujours une pause au milieu.

2.       Chants : Les films bollywood sont avant tout des comédies musicales. Il y a entre 5 et 15 séquences chantées. Toutes en playback (comme tous les dialogues d’ailleurs). Les chansons sortent en général avant le film, alors mieux vaut que ce soit des tubes : ça assure l’audience dans les cinémas !

3.       Danses : En général, les chants s’accompagnent de danses et là, c’est le top du top. Enorme. Fantastique. Parfois la danse est justifiée dans l’intrigue, des fois elle tombe comme un cheveu sur la soupe. Mais quoi, ils ont juste envie de se remuer, ça arrive ! Un petit trajet en bus ? Chantons ! Dansons ! Les acteurs sont donc obligés d’être de bons danseurs. Les danses sont un mélange de danses traditionnelles et de « western style » (pop) – celles-là, c’est les mieux, des nanas à moitié à poil qui se remuent le boule, un truc de ouf. Si c’est une danse à deux, alors le décor se doit d’être à la hauteur : le must, les paysages du Cachemire (on dirait les Alpes enneigées) ou des chefs d’œuvre d’architecture. Notons aussi les changements de costume plus que nombreux pour chaque danse.

4.       Intrigue : Les Indiens ont un petit penchant pour le mélodramatique. Le grand classique ce sont les amants contre les parents en colère, les triangles amoureux, les liens familiaux, le sacrifice, les flics corrompus, les kidnappeurs, les méchants, les courtisans au grand cœur, la famille perdue de vue, les frères et sœurs séparés par le destin, les renversements de situation et des coïncidences qui tombent bien… L’idée de base c’est que quand on va au ciné, on oublie le reste. Peu importe la finesse du film, les gens veulent sortir de leur routine (peut-être surtout ceux qui ont la vie vraiment dur). Et en général ça marche !

5.       Bisous : Les conventions changent. Les bisous sont maintenant autorisés !! (Avant c’était tout dans le suggestif ; j’ai été choquée quand les héros se roulent une pelle magistrale dans Dhoom 2.) Et puis ça se passe plus facilement en ville, avec les « usages modernes » plutôt qu’à la campagne, avec les mariages arrangés. Et puis y a de moins en moins de danses (et ça c’est très grave si vous voulez mon avis).

6.       Spectateurs : C’est l’anarchie. Les gens viennent avec des nouveau-nés, ils parlent à voix haute, répondent au téléphone. No complex. J’ai jamais autant jonglé que pour un film d’horreur américain : ils se sont mis à faire les animaux de la ferme, au 4 coins de la salle. Suketu Mehta (Bombay Maximum City) précise que : « Les salles de cinéma indiennes n’ont rien de commun avec les caissons de relaxation collective proposés aux cinéphiles occidentaux. D’abord, il est hors de question ici d’intimer aux autres de se taire. Chacun dit ce qu’il a envie de dire, et souvent le public converse avec les personnages. Quand une divinité apparaît à l’écran, certains lui jettent de la monnaie ou se prosternent dans les allées. Les bébés braillent. Pendant les séquences chantées, un spectateur sur quatre sort acheter une boisson fraîche ou une friandise dans le hall d’entrée. Dans ces conditions, tout dialogue un peu subtil est exclu parce qu’il serait tout simplement inaudible. »

07:05 Publié dans IncredIble India | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : inde, bollywood |  Facebook | |

lundi, 12 novembre 2007

Diwali

c971f15b2b2c895b782e3b13431163d0.jpgDiwali… Le bon côté de ce festival, c’est les 2 jours fériés qui vont avec. Le mauvais côté c’est les empêcheurs de dormir en paix qui vont avec… Le premier matin, je ris jaune quand les pétards – à ce propos je ne suis toujours pas convaincue qu’il ne s’agit pas de bâtons de dynamite – me réveillent à 5h30 du matin. Et une grasse mat’ de soufflée, une. Le soir, c’est sympa, y a des feux d’artifice, c’est festif. A minuit, ça commence à être moins sympa ; à 2h du mat’, je tournerais presque à l’hystérie avec les pétards qui me font sursauter en permanence. A 3h, je m’endors… Pour être réveillée 3h plus tard par une détonation (puis deux, puis trois…) assourdissante. Et ça dure pendant 4 jours…f8aec6f42fada35e995be9fe021d3bb6.jpg

Voilà, même si j’appellerais Diwali la fête du bruit, ici on l’appelle Diwali la fête des lumières. C’est un peu le 14 juillet et Noël à la fois. Des feux d’artifice en permanence (la nuit), des pétards en permanence (jour et nuit, vous l’aurez compris ;) ), des guirlandes sur les balcons, des lampes suspendues devant les maisons (auparavant, les gens allumaient des ‘diyas’ (lampes en argile) mais la fée électricité les a transformées en lampes électriques), des dessins sur le seuil…

Deepavali (ou Diwali) signifie littéralement, en Sanskrit, 'rangée des lampes.'  L'éclairage des lampes est une manière de demander à un dieu une bonne santé, de la richesse, de la connaissance, de la paix, du courage et de la renommée. Mais pourquoi ??

D’abord, une explication logique : c'est par la lumière que la beauté de ce monde est éprouvée. La plupart des civilisations du monde identifient la lumière comme cadeau de Dieu. Pour les hindous, l'obscurité représente l'ignorance, et la lumière est une métaphore de la connaissance. Par conséquent, allumer une lampe symbolise la destruction, par la connaissance, de toutes les forces négatives (méchanceté, violence, convoitise, colère, envie, avarice, bigoterie, crainte, injustice, oppression et douleur, etc...). Pendant Diwali, le festival des lumières, nous allumons la lampe de la connaissance.

71dc7ea7b9ad5aede77575ce37c5829f.jpgL'histoire de Diwali est remplie de légendes. Bien que le thème central de toutes les légendes soit celui de la victoire du bien sur le mal, son mode de représentation diffère.

Le retour du seigneur Rama to Ayodhya. Exilé avec sa femme Sita et son frère Lakshman pendant 14 ans, il revient tuer le roi démon Ravana. Les gens d’Ayodhya auraient allumé des lampes à huile tout le long du chemin pour lui éclairer la route dans l’obscurité. Comme Rama a traversé le pays du Sud au Nord, le festival est célébré partout en Inde.

Le meurtre de Narakasura. Il est célébré 2 jours avant Diwali. Narakasura était un démon qui avait créé des ravages et que Satyabhama, la femme du Seigneur Krishna, a tué. Une version veut que ce soit Krishna qui est poussé sa femme a commettre le meurtre, prétendant avoir été blessé par le démon ; et ce parce que le démon ne pourrait être tué que par sa mère et que justement, ça tombe bien, Narakasura est le fils de Satyabhama ! Le démon aurait demandé une faveur à sa môman : que tout le monde célèbre sa mort avec des 900db41aaaddca85e057d784e89f5382.jpglumières colorées.

La pénitence de Shakti. La déesse Shakti aurait observé 21 jours d’ascétisme pour avoir la moitié du corps du Seigneur Shiva. Deepavali est le dernier jour de cette période ; c’est le jour où Shiva accepta Shakti comme moitié gauche et apparut comme Ardhanarishvara. d0711b911c825f67a39602658cfda870.jpg

La victoire de Krishna sur Indra (la divinité du tonnerre et de la pluie). Elle est célébrée le jour suivant Diwali. Krishna aurait vu les énormes préparatifs de l’offrande annuelle au Seigneur Indra et aurait interrogé son père Nanda à ce sujet. Il était contre le fait que les paysans révèrent un phénomène naturel. Convaincus par Krishna, ils ne célébrèrent pas Indra qui, énervé, a inondé le village. Krishna a alors élevé le Mont Govardhan pour protéger son peuple et son bétail de la pluie. Indra s’est reconnu vaincu.

Le retour de Bali des Enfers. Le roi Bali était un gouverneur généreux et très ambitieux. Vishnu a voulu le tester et lui est apparu sous forme de nain. Il lui a demandé quelle distance pourrait parcourir un nain en 3 pas. L’autre s’est foutu de sa gueule ; Vishnu est redevenu lui-même, a couvert la terre, les cieux et l’univers entier en 3 pas et envoyé Bali en enfer. Il serait autorisé à retourner sur terre une fois par an.

Les 5 jours de Diwali Le festival de Diwali s’étend sur 5 jours. A part Diwali, tous les jours sont nommés d’après le calendrier hindou.6b9a6d82f78f0933b72dd5eec3de618f.jpg

  1. Dhanatrayodashi or Dhan teras: Dhan signifie « richesse ». C’est un jour propice pour les achats, de l’or, ou au moins des ustensiles pour la cuisine.
  2. Naraka Chaturdashi: c’est le jour où le démon Narakasura a été tué, symbolisant la victoire du bien sur le mal et de la lumière sur l’obscurité. Les Hindous se lèvent avant l’aube, prennent un bain parfumé et portent de nouveaux vêtements. Ils allument de petites lampes tout autour de la maison et dessinent des kolams/rangolis élaborés à l’extérieur des maisons. On dit que prendre un bain sous les étoiles serait équivalent à se baigner dans le Gange sacré. Après la cérémonie religieuse, les enfants balancent des pétards. Le soir, on vénère la déesse Lakshmi (déesse de la richesse) en lui offrant des plats spéciaux. Comme c’est un jour sans lune, beaucoup offrent des tarpana (offrandes d’eau et de graine de sésame) à leurs ancêtres.
  3. Lakshmi Puja ou Diwali: c’est le jour le plus important du festival. On allume des lampes partout pour accueillir prospérité (Lakshmi) et bien-être (Ganesh, Dieu de la chance).
  4. Govardhan Puja : c’est le jour où Krishna a battu Indra. Le Seigneur Krishna a appris à son peuple à révérer la nature plutôt que les dieux. Il faut prendre soin de l’environnement (quelle actualité ce Krishna !). On change les cahiers des comptes.
  5. Bhaiduj : c’est le jour où les frères et sœurs expriment leur amour et affection les uns envers les autres.